Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? est un roman de science-fiction de l’Américain Philip K. Dick, écrit en 1966 et publié aux États-Unis en 1968 sous le titre Do Androids Dream of Electric Sheep? Introduit en France en 1976 dans une traduction de Serge Quadruppani, le texte est aujourd’hui surtout connu sous son titre définitif francophone ou sous celui de Blade Runner, en écho à l’adaptation cinématographique de Ridley Scott. Situé dans une Terre dévastée par la guerre nucléaire, le roman suit un chasseur de primes traquant des androïdes évadés, et interroge les frontières entre humanité, machine et empathie.
En 1992, dans une Amérique ravagée par une guerre nucléaire mondiale, la majeure partie de l’humanité a émigré vers Mars, laissant sur Terre une population résiduelle vivant parmi les ruines et la poussière radioactive. Rick Deckard, chasseur de primes pour la police de San Francisco, est chargé de retirer six androïdes de dernière génération, presque indiscernables des humains, qui se sont enfuis de leur colonie martienne pour se cacher parmi les Terriens. Pour les démasquer, Deckard utilise le test de Voigt-Kampff, censé révéler l’absence d’empathie propre aux machines. Marié mais entouré d’un mouton électrique faute de pouvoir s’offrir un animal vivant, symbole ultime de statut social et de sensibilité dans ce monde en déclin, Deckard espère financer l’achat d’une bête réelle grâce aux primes obtenues. Sa traque le confronte cependant à des androïdes de plus en plus troublants d’humanité apparente, tout en croisant le mercérisme, religion collective fondée sur l’empathie partagée, et l’omniprésente émission télévisée de l’Ami Buster.
Philip K. Dick rédige Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? en 1966, la même année qu’Ubik, après une période d’inactivité littéraire de plus d’un an. Le roman prolonge ses interrogations récurrentes sur la nature du réel et de la conscience, en les articulant cette fois autour de la frontière entre humain et artificiel, thème jusque-là peu exploité dans son œuvre. Il paraît aux États-Unis en 1968 chez Doubleday. La première traduction française, signée Serge Quadruppani, est publiée en 1976 aux éditions Champ Libre, dans la collection Chute libre, sous le titre Robot Blues. Le texte est ensuite réédité en 1979 chez Jean-Claude Lattès, dans la collection Titres/SF, sous le titre désormais consacré de Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?, avant de reparaître sous le titre Blade Runner chez J’ai lu à partir de 1985, en écho au film de Ridley Scott. Une nouvelle traduction, signée Sébastien Guillot, paraît chez J’ai lu en 2012 dans la collection Nouveaux millénaires.
Le roman gagne une reconnaissance progressive avant de connaître une notoriété mondiale grâce à son adaptation cinématographique, Blade Runner, réalisée par Ridley Scott et sortie en 1982 avec Harrison Ford dans le rôle de Rick Deckard. Philip K. Dick meurt quelques jours avant la sortie du film, sans jamais le voir achevé. Cette adaptation, devenue elle-même un classique du cinéma de science-fiction, contribue largement à la diffusion et à la relecture critique du roman original, dont les éditions françaises sont d’ailleurs rebaptisées Blade Runner à partir du milieu des années 1980. La critique souligne la profondeur philosophique du texte, sa réflexion sur l’empathie comme critère du vivant et sur la porosité entre humains et machines, questions jugées toujours pertinentes des décennies après sa parution. L’œuvre occupe une place majeure dans la bibliographie de Dick, aux côtés d’Ubik, et demeure l’un des romans de science-fiction les plus commentés et les plus étudiés du XXe siècle.
Do Androids Dream of Electric Sheep? is a science fiction novel by American writer Philip K. Dick, written in 1966 and published in the United States in 1968. Introduced in France in 1976 through a translation by Serge Quadruppani, the book is now best known under its definitive French title or under the name Blade Runner, echoing Ridley Scott’s film adaptation. Set on an Earth devastated by nuclear war, the novel follows a bounty hunter tracking escaped androids and questions the boundaries between humanity, machine and empathy.
By 1992, in an America devastated by a global nuclear war, most of humanity has emigrated to Mars, leaving behind a residual population living among ruins and radioactive dust on Earth. Rick Deckard, a bounty hunter working for the San Francisco police, is assigned to retire six latest-generation androids, nearly indistinguishable from humans, who have fled their Martian colony to hide among Earth’s remaining inhabitants. To expose them, Deckard relies on the Voigt-Kampff test, designed to reveal the lack of empathy characteristic of machines. Married but making do with an electric sheep since he cannot afford a living animal — the ultimate marker of social status and emotional sensitivity in this declining world — Deckard hopes the bounty money will let him buy a real one. His hunt, however, brings him face to face with androids whose apparent humanity grows increasingly unsettling, while he crosses paths with Mercerism, a collective religion built on shared empathy, and the ever-present Buster Friendly television broadcast.
Philip K. Dick wrote Do Androids Dream of Electric Sheep? in 1966, the same year as Ubik, following more than a year without producing new fiction. The novel extends his recurring inquiries into the nature of reality and consciousness, this time framing them around the boundary between human and artificial life, a theme he had rarely explored before. It was published in the United States in 1968 by Doubleday. The first French translation, by Serge Quadruppani, appeared in 1976 from Éditions Champ Libre, in the Chute libre collection, under the title Robot Blues. The text was reissued in 1979 by Jean-Claude Lattès, in the Titres/SF collection, under what became its established French title, before reappearing as Blade Runner through J’ai lu from 1985 onward, echoing Ridley Scott’s film. A new translation, by Sébastien Guillot, was published by J’ai lu in 2012 in the Nouveaux millénaires collection.
The novel gained gradual recognition before achieving worldwide fame through its film adaptation, Blade Runner, directed by Ridley Scott and released in 1982 with Harrison Ford as Rick Deckard. Philip K. Dick died just days before the film’s release, never seeing the finished version. That adaptation, now itself a classic of science-fiction cinema, greatly contributed to spreading and critically reassessing the original novel, whose French editions were themselves retitled Blade Runner from the mid-1980s onward. Critics have highlighted the book’s philosophical depth, its reflection on empathy as a marker of the living and on the porous boundary between humans and machines — questions still considered relevant decades after publication. The work holds a major place in Dick’s bibliography, alongside Ubik, and remains one of the most discussed and studied science fiction novels of the twentieth century.

