Octavi Arrizabalaga, connu sous le nom d’ARYZ, est un artiste espagnol de street art et muraliste, né en 1988 à Palo Alto avant de grandir près de Barcelone, où il vit et travaille. Issu d’une formation en beaux-arts, il développe très tôt une pratique du graffiti dans les friches industrielles et les périphéries urbaines, faisant de la ville son principal terrain d’expérimentation. Ses fresques murales monumentales, visibles en Europe, en Amérique et en Asie, mêlent figures humaines, animaux et fragments narratifs dans un langage visuel immédiatement identifiable. ARYZ se définit avant tout comme un peintre qui a pris la rue comme support, articulant art urbain, héritage pictural et travail d’atelier, entre graffiti, fresque et peinture de galerie.

Parcours et identité artistique

Né en 1988 à Palo Alto et arrivé enfant en Catalogne, Octavi Arrizabalaga, alias ARYZ, grandit à Cardedeu, près de Barcelone, dans un environnement familial sensible à l’art. À l’adolescence, il découvre le graffiti dans les friches industrielles et les périphéries de la ville, où il rejoint un crew local et expérimente les codes du writing sur des surfaces désaffectées. Cette immersion précoce dans la culture graffiti constitue le socle de son identité au sein de la scène d’art urbain barcelonaise.

Au début des années 2000, ARYZ se fait connaître dans le milieu du street art en multipliant les interventions sur les murs des environs de Barcelone. Ses premiers travaux sont réalisés à l’aérosol, avant qu’il ne développe une technique de grandes fresques à l’aide de perches télescopiques et de peintures de bâtiment, lui permettant d’investir des façades entières d’usines abandonnées. Parallèlement, il suit des études de beaux-arts à l’Université de Barcelone, consolidant une culture picturale qui nourrira ensuite sa pratique de muraliste.

À partir de la fin des années 2000, la diffusion en ligne de ses fresques et ses invitations à peindre à l’étranger accélèrent sa reconnaissance internationale dans le champ du street art et du graffiti monumental. ARYZ affirme alors une position singulière en se définissant avant tout comme un peintre qui utilise la rue comme support, à la frontière entre art urbain, illustration et peinture de galerie.

Depuis les années 2010, son parcours se caractérise par un double mouvement : la poursuite de grandes fresques murales dans de nombreuses villes et le développement d’un travail d’atelier de plus en plus structuré, où il approfondit les questions de mouvement, de fragmentation des corps et de dialogue avec l’histoire de la peinture. Ces thématiques, ancrées dans l’espace urbain autant que dans une recherche plastique, constituent aujourd’hui le cœur de l’identité artistique d’ARYZ.

Style, techniques et univers visuel

Le travail d’ARYZ se reconnaît d’abord à l’échelle monumentale de ses fresques de street art, souvent déployées sur des façades entières, où il privilégie de grands personnages humains ou animaux, construits par blocs de couleur et silhouettes fragmentées. Il développe un langage figuratif qui joue avec la décomposition du corps, les gestes en suspens et des superpositions de plans, comme des croquis agrandis à l’échelle de la ville.

Sur le plan technique, ARYZ utilise de moins en moins la bombe aérosol au profit de rouleaux, brosses et peintures acryliques ou de bâtiment, ce qui lui permet de couvrir rapidement de vastes surfaces et de travailler par larges masses colorées avant de revenir aux détails. Ses fresques s’installent sur des murs d’immeubles, des pignons, des friches et des façades en périphérie, dans une logique d’intervention durable dans l’espace urbain plutôt que de graffiti éphémère.

Son univers visuel oscille entre couleurs vives et tons sourds, avec une palette souvent désaturée, parfois proche des pastels, qui contraste avec l’échelle XXL des œuvres. Os, squelettes, organes apparents ou croisements entre corps humains et animaux reviennent régulièrement, créant des images ambiguës entre vitalité et vanité.

ARYZ cite le graffiti, l’illustration et l’histoire de la peinture comme influences, mais revendique un intérêt prioritaire pour la composition, la distribution des formes et du mouvement plutôt que pour un message explicite, situant sa pratique à la croisée du graffiti, de l’art urbain et de la peinture contemporaine.

Projets, expositions et ancrage urbain

Depuis le début des années 2010, ARYZ développe une pratique de fresques monumentales dans le cadre de festivals de street art et de projets muraux à l’international. Il intervient notamment au Pic-Turin Festival à Turin, au Richmond Mural Project aux États-Unis, à Teenage Kicks à Rennes ou encore au festival See No Evil à Bristol, inscrivant son travail dans une cartographie mondiale du graffiti et de l’art urbain.

Ses œuvres s’implantent dans des contextes urbains très variés : mur XXL à Linz pour le projet « Overprotection » lors du festival Bubble Days, collaboration avec Os Gemeos sur une façade à Łódź, fresques à Sanlúcar de Barrameda, Munich ou Richmond, mais aussi interventions à Chongqing en Chine ou à Istanbul dans le cadre du festival MuralIST. Plus récemment, des projets comme la fresque « Impetu » dans le quartier Venezia à Livourne ou le mur « Apolo » sur la façade de la Sala Apolo, à Barcelone, confirment son ancrage dans des lieux emblématiques de la ville contemporaine.

Parallèlement, ARYZ structure un travail d’exposition en galerie et dans des institutions. Le cycle « Pugna » (2019) en France, articulé autour de la lutte et du mouvement du corps, s’achève au musée des Beaux-Arts de Nancy et donne lieu à un livre. En 2022, l’exposition « El Festejo » à Bologne, dans l’ancienne église San Mattia, propose installations monumentales et lithographies dans un dispositif immersif. En 2025, la galerie Senda à Barcelone présente « Preludio », première exposition personnelle d’ARYZ dans cet espace, prolongeant la série « Vestigio » initiée en République tchèque.

Installé et actif à Cardedeu, près de Barcelone, ARYZ partage aujourd’hui son temps entre projets in situ, travail d’atelier et éditions avec l’éditeur Polígrafa, montrées dans des foires comme Art Basel Hong Kong ou ARCO Madrid. Cet équilibre entre mur, galerie et institution renforce son rôle de figure de référence du muralisme contemporain, tout en maintenant un lien fort avec l’espace public et les parcours urbains de street art.

FAQ

Où voir les œuvres de street art d’ARYZ dans la ville et dans l’espace public ? Les fresques d’ARYZ sont visibles dans de nombreuses villes : Barcelone (notamment la façade de la Sala Apolo), Granollers, Rennes, Linz, Łódź, Livourne, Sanlúcar de Barrameda, Richmond ou encore Turin. Les plateformes et cartes de street art locales constituent le meilleur outil pour localiser les murs encore visibles, certains ayant été repeints ou détruits au fil du temps.

Quelles thématiques principales traverse le street art d’ARYZ ? Le travail d’ARYZ aborde de manière récurrente le corps en mouvement, la lutte, la tension entre individus et les rapports de pouvoir, comme l’illustre le projet « Pugna ». Il explore aussi l’anatomie, les figures fragmentées, les squelettes et les hybridations entre humain et animal, dans un langage visuel qui privilégie la composition et la dynamique plutôt qu’un message unique et explicite.

ARYZ intervient-il surtout dans des cadres légaux ou dans le graffiti illégal en ville ? ARYZ commence par le graffiti dans des usines abandonnées et des friches autour de Barcelone, dans un contexte proche du graffiti non autorisé. Sa carrière bascule ensuite vers des fresques murales réalisées sur invitation de festivals, de municipalités, de galeries ou d’institutions, ainsi que vers des installations temporaires comme « El Festejo » ou « Pugna ». Les sources publiques documentent surtout ces projets autorisés, sans détailler l’ensemble de ses actions illégales éventuelles.