Fafi, de son vrai nom Fabienne Saincry, est une artiste urbaine française née en 1975 à Toulouse. Elle débute le graffiti en 1994 dans les rues de sa ville natale, où elle peint des personnages féminins qui deviendront ses célèbres « Fafinettes ». Figure pionnière d’une scène alors dominée par des codes masculins, elle s’impose par un univers pictural sensuel, ironique et affirmé. Son travail, exposé en galerie dès le début des années 2000, l’a menée vers des collaborations avec de grandes maisons comme Chanel ou Adidas, ainsi que vers la réalisation de clips musicaux.
Originaire de Toulouse, Fafi commence à peindre sur les murs de la ville en 1994, avant d’investir Paris dès 1998, notamment avec une fresque rue Delambre. Ses personnages féminins, les Fafinettes, l’inscrivent dans une scène urbaine où son univers la rapproche de figures comme Miss Van et Mademoiselle Kat, également engagées dans la représentation de figures féminines dans le graffiti. À partir de 2002, son travail entre en galerie, avec des expositions personnelles à Toulouse puis à Paris, avant de circuler à l’international vers les États-Unis, notamment Los Angeles et New York. Les Fafinettes s’inscrivent progressivement dans un univers narratif plus vaste, baptisé The Carmine Vault, peuplé de créatures et de décors qui prolongent leur mythologie. Devenue mère en 2007 et installée à Paris, l’artiste introduit une nouvelle dimension dans son travail, sans que cela n’altère la centralité de ses personnages emblématiques.
Le style de Fafi se reconnaît à des figures féminines frontales, aux formes voluptueuses et aux couleurs vives, mêlant humour, désir et attitude affirmée. Ses Fafinettes, d’abord peintes au pinceau sur les murs, se déclinent ensuite en illustration, en figurines et en animation 3D, notamment à travers une collaboration avec Sony pour la collection de jouets Time Capsules. Le travail de l’artiste explore la féminité à travers ses stéréotypes visuels — pin-up, pop culture, imagerie publicitaire — qu’elle détourne à son avantage. Cette esthétique, initialement ancrée dans le graffiti, s’est étendue à l’illustration de mode, avec des créations publiées dans Vogue, Elle ou The Face, ainsi qu’à des collaborations avec des marques comme Chanel, Adidas ou Coca-Cola.
Le parcours de Fafi est jalonné d’expositions marquantes, dont une exposition personnelle chez Colette à Paris en 2006, « File dans ta chambre », qui contribue à l’installer comme figure majeure de la scène urbaine de l’époque. Son travail a également investi le champ audiovisuel : en 2007, elle met en scène une version « fafinettisée » de la chanteuse Lily Allen dans le clip Oh My God de Mark Ronson, puis réalise elle-même les clips Do! Do! Do! du duo Carte Blanche en 2010 et Gimme Gimme de Mademoiselle Yulia en 2011. Ses publications, dont les ouvrages Girls Rock et Love and Fafiness, ainsi que le roman graphique The Carmine Vault paru en 2012, prolongent son univers au-delà de la rue et de la galerie. Les sources consultées divergent légèrement sur les dates exactes de parution de Girls Rock (2002 ou 2003) et Love and Fafiness (2005 ou 2006) ; l’année la plus fréquemment documentée a été retenue. Plus récemment, en 2021, elle a développé le projet participatif Fafinettes Portraits, transformant ses collecteurs en personnages de son univers.
Fafi, born Fabienne Saincry, is a French street artist born in 1975 in Toulouse. She began painting graffiti in 1994 in the streets of her hometown, creating the female characters that would become her famous « Fafinettes. » A pioneering figure in a scene then dominated by masculine codes, she established herself through a sensual, ironic and assertive pictorial universe. Exhibited in galleries from the early 2000s onward, her work led to collaborations with major fashion houses such as Chanel and Adidas, as well as to directing music videos.
Originally from Toulouse, Fafi started painting on the city’s walls in 1994, before moving into Paris in 1998, notably with a mural on rue Delambre. Her female characters, the Fafinettes, placed her within an urban art scene where her universe drew comparisons to artists such as Miss Van and Mademoiselle Kat, who were likewise engaged in depicting female figures within graffiti. From 2002 onward, her work entered galleries, with solo exhibitions in Toulouse and then Paris, before circulating internationally to the United States, notably Los Angeles and New York. The Fafinettes gradually became part of a broader narrative universe called The Carmine Vault, populated with creatures and settings that extend their mythology. Having become a mother in 2007 and settled in Paris, the artist introduced a new dimension into her work, without altering the centrality of her signature characters.
Fafi’s style is recognizable through frontal female figures with voluptuous forms and vivid colors, blending humor, desire and assertive attitude. Her Fafinettes, first painted by brush on walls, later expanded into illustration, figurines and 3D animation, notably through a collaboration with Sony for the Time Capsules toy collection. Her work explores femininity through its visual stereotypes — pin-up imagery, pop culture, advertising aesthetics — which she repurposes to her advantage. This aesthetic, initially rooted in graffiti, extended into fashion illustration, with creations published in Vogue, Elle and The Face, as well as collaborations with brands such as Chanel, Adidas and Coca-Cola.
Fafi’s career includes several notable exhibitions, including a solo show at Colette in Paris in 2006, « File dans ta chambre, » which helped establish her as a major figure of the urban art scene of the time. Her work also extended into the audiovisual field: in 2007, she staged a « Fafinettized » version of singer Lily Allen for Mark Ronson’s music video Oh My God, before directing the videos Do! Do! Do! for the duo Carte Blanche in 2010 and Gimme Gimme for Mademoiselle Yulia in 2011. Her publications, including the books Girls Rock and Love and Fafiness, along with the graphic novel The Carmine Vault released in 2012, extend her universe beyond the street and the gallery. Sources consulted differ slightly on the exact publication dates of Girls Rock (2002 or 2003) and Love and Fafiness (2005 or 2006); the most frequently documented year was retained. More recently, in 2021, she developed the participatory project Fafinettes Portraits, transforming her collectors into characters from her universe.