Miss.Tic, de son vrai nom Radhia Novat, était une artiste plasticienne, poétesse et pochoiriste française, née le 20 février 1956 à Paris et décédée le 22 mai 2022. Figure pionnière du street art parisien, elle est l’une des premières femmes à s’imposer dans ce milieu alors dominé par les hommes, avec des silhouettes de femmes brunes accompagnées d’aphorismes poétiques et incisifs, placardés sur les murs de la capitale dès 1985.
Née dans le quartier de la Butte Montmartre d’un père tunisien et d’une mère normande, Radhia Novat grandit ensuite à Orly, en région parisienne. Son enfance est marquée par un drame : à dix ans, elle perd sa mère, son frère et sa grand-mère dans un accident de voiture, puis son père six ans plus tard, ce qui la laisse orpheline à seize ans. Après une formation en arts appliqués, elle se tourne vers le théâtre de rue avec la compagnie Zéro de conduite, avant de séjourner au début des années 1980 en Californie, au contact des milieux punk de San Francisco et Los Angeles. De retour à Paris à la suite d’une rupture amoureuse, elle commence en 1985 à placarder des pochoirs sur les murs de Ménilmontant, Montmartre, le Marais et Montorgueil, sous le pseudonyme Miss.Tic, emprunté à un personnage de bande dessinée.
Miss.Tic travaille au pochoir à la bombe aérosol noire, technique qu’elle associe systématiquement à un texte manuscrit, aphorisme ou jeu de mots, disposé à côté de l’image. Ses silhouettes récurrentes de femmes brunes, sensuelles et libres, incarnent une figure d’autoportrait déclinée à l’infini, entre légèreté et gravité, provocation et introspection. Son style graphique, immédiatement reconnaissable, se distingue par une écriture cursive légèrement penchée et une signature ponctuée d’un cœur. Ses thèmes de prédilection, l’amour, la rupture, le désir et la liberté, notamment celle des femmes, s’inscrivent dans une critique constante des rapports de domination et des normes sociales, sans jamais verser dans la vulgarité.
Miss.Tic expose pour la première fois collectivement en 1986, puis en solo la même année, avant que le Fonds municipal d’art contemporain de la Ville de Paris n’acquière plusieurs de ses œuvres sur papier en 1988. En 1997, elle est arrêtée en flagrant délit et condamnée à une amende pour peinture murale sans autorisation, l’une des nombreuses gardes à vue de sa carrière. Elle collabore par la suite avec des maisons comme Kenzo ou Louis Vuitton, conçoit en 2007 l’affiche du film de Claude Chabrol La Fille coupée en deux, illustre des mots pour l’édition 2010 du Petit Larousse et réalise en 2011 une série de douze timbres pour La Poste à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. En 2013, elle habille la cinquième ligne de tramway de l’agglomération de Montpellier. Ses œuvres intègrent notamment les collections du Victoria and Albert Museum de Londres. En juin 2024, un square du 5e arrondissement de Paris est baptisé Miss.Tic en son honneur.
Miss.Tic, born Radhia Novat, was a French visual artist, poet and stencil artist, born on February 20, 1956, in Paris and who died on May 22, 2022. A pioneering figure of Parisian street art, she was one of the first women to establish herself in a field then dominated by men, with silhouettes of dark-haired women accompanied by sharp poetic aphorisms, posted on the walls of the capital from 1985 onward.
Born in the Montmartre district to a Tunisian father and a Norman mother, Radhia Novat later grew up in Orly, in the Paris suburbs. Her childhood was marked by tragedy: at age ten she lost her mother, her younger brother and her grandmother in a car accident, then her father six years later, leaving her orphaned at sixteen. After training in applied arts, she turned to street theater with the company Zéro de conduite, before spending time in the early 1980s in California, among the punk scenes of San Francisco and Los Angeles. Returning to Paris after a breakup, she began in 1985 to put up stencils on the walls of Ménilmontant, Montmartre, le Marais and Montorgueil, under the pseudonym Miss.Tic, borrowed from a comic-book character.
Miss.Tic worked with black spray-paint stencils, a technique she systematically paired with a handwritten text, an aphorism or a play on words, placed alongside the image. Her recurring silhouettes of dark-haired, sensual and free women formed an ongoing self-portrait, oscillating between lightness and gravity, provocation and introspection. Her instantly recognizable graphic style featured a slightly slanted cursive script and a signature punctuated with a heart. Her recurring themes, love, heartbreak, desire and freedom, particularly women's freedom, reflected an ongoing critique of relationships of domination and social norms, without ever tipping into vulgarity.
Miss.Tic had her first group exhibition in 1986, followed by her first solo show the same year, before the City of Paris's Fonds Municipal d'Art Contemporain acquired several of her works on paper in 1988. In 1997, she was arrested in the act and fined for painting without authorization, one of many police detentions over her career. She later collaborated with fashion houses such as Kenzo and Louis Vuitton, designed the poster for Claude Chabrol's 2007 film The Girl Cut in Two, illustrated words for the 2010 edition of the Petit Larousse dictionary, and created a series of twelve postage stamps for La Poste in 2011 to mark International Women's Rights Day. In 2013, she designed the visual identity of tramway Line 5 in the Montpellier metropolitan area. Her works are held in collections including the Victoria and Albert Museum in London. In June 2024, a Miss.Tic square in Paris's 5th arrondissement was named in her honor.