Monsieur A (André Saraiva) (Mozaiked)
Monsieur A (André Saraiva) (Mozaiked)

Monsieur A, alias du street artist français André Saraiva, est l’un des personnages les plus reconnaissables du graffiti parisien contemporain. Né en Suède en 1971 et installé à Paris dès l’enfance, l’artiste a inventé à la fin des années 1980 ce personnage débonnaire au chapeau haut-de-forme, à l’œil en croix et aux jambes filiformes, devenu une signature disséminée sur les murs du monde entier. Ancré dans la scène du graffiti parisien des années 1980-1990, Monsieur A incarne une figure emblématique du street art hexagonal, entre tag urbain, galerie d’art et culture pop.

André Saraiva naît en 1971 à Uppsala, en Suède, où ses parents, d’origine portugaise, s’étaient installés après avoir fui le régime du dictateur Salazar. La famille s’installe à Paris au début des années 1980, alors qu’André est enfant. C’est à l’adolescence, vers treize ans, qu’il réalise ses premiers graffitis dans son quartier, signant notamment en rose, une couleur alors peu répandue dans le graffiti et qui restera une constante de son travail. Il évolue au sein de la scène graffiti parisienne des années 1980, à une période où la discipline reste marginale et peu reconnue. Les sources ne s’accordent pas totalement sur la date de création de son personnage emblématique : plusieurs le situent en 1989, d’autres évoquent 1994 comme année de première apparition aboutie ; la version la plus documentée retient 1989. Sa notoriété grandit progressivement au fil des années 1990, notamment après une apparition télévisée en 1992 consécutive à des tags réalisés dans le métro parisien.

Le style de Monsieur A repose sur un personnage récurrent : une silhouette svelte aux jambes rectilignes, au visage rond et souriant, coiffée d’un haut-de-forme, dont l’un des yeux est remplacé par une croix. Ce visage doit une partie de son inspiration au smiley popularisé par la culture acid house de la fin des années 1980, retraduit dans un style graphique proche de la bande dessinée. La couleur rose, employée dès ses premiers tags, demeure une composante récurrente de sa palette. André Saraiva a d’abord travaillé la bombe aérosol sur le mobilier urbain parisien, avant d’étendre sa pratique au dessin, à la peinture, à la sculpture et à l’installation, sur des supports variés incluant toiles, façades et objets du quotidien.

Le personnage de Monsieur A a d’abord essaimé sur les murs et le mobilier urbain parisien, à raison de plusieurs dizaines de tags nocturnes, avant de gagner d’autres villes au fil de la notoriété de l’artiste. André Saraiva a exposé son travail dans des institutions et galeries internationales, notamment au Palais de Tokyo à Paris (« Compulsive », 2007), à la Maison Rouge (« Vraoum », 2009), chez Colette (« Drawings », 2010), ainsi qu’au MOCA de Los Angeles dans le cadre de l’exposition collective « Art in the Streets » (2011) et à la Biennale de Venise la même année. Il a également présenté un solo show à The Hole Gallery, à New York, et sa propre galerie parisienne, « La mercerie d’André », lui a permis de vendre directement ses œuvres. Son personnage a été décliné sur des supports commerciaux (packaging Orangina) et dans des collaborations avec des maisons comme Louis Vuitton ou Kitsuné. À Paris, un Monsieur A de dix-sept mètres orne la façade de l’hôtel Grand Amour, dont il est copropriétaire, illustrant l’ancrage durable de l’artiste dans le paysage urbain de la capitale.

Monsieur A, the alias of French street artist André Saraiva, is one of the most recognizable characters in contemporary Parisian graffiti. Born in Sweden in 1971 and raised in Paris from childhood, the artist invented this debonair character in the late 1980s — a bowler-hatted figure with a crossed eye and spindly legs — which has since spread across walls worldwide. Rooted in the Parisian graffiti scene of the 1980s and 1990s, Monsieur A embodies an emblematic figure of French street art, straddling urban tagging, art galleries, and pop culture.

André Saraiva was born in 1971 in Uppsala, Sweden, where his Portuguese parents had settled after fleeing the Salazar dictatorship. The family moved to Paris in the early 1980s, while André was still a child. As a teenager, around the age of thirteen, he began making his first graffiti in his neighborhood, notably signing in pink — an uncommon color in graffiti at the time — which would remain a constant in his work. He came up within the Parisian graffiti scene of the 1980s, at a time when the discipline remained marginal and little recognized. Sources do not fully agree on when his emblematic character was created: several place it in 1989, while others cite 1994 as the year of its fully realized first appearance; the more documented version favors 1989. His notoriety grew steadily through the 1990s, notably after a television appearance in 1992 following graffiti he made in the Paris metro.

Monsieur A’s style rests on a recurring character: a slender silhouette with straight legs and a round, smiling face topped with a bowler hat, one eye replaced by a cross. This face partly draws on the smiley popularized by late-1980s acid house culture, reinterpreted in a graphic style close to comic strips. Pink, used since his earliest tags, remains a recurring component of his palette. André Saraiva first worked with aerosol spray on Parisian street furniture, before expanding his practice to drawing, painting, sculpture, and installation, across varied supports including canvas, facades, and everyday objects.

The Monsieur A character first spread across Parisian walls and street furniture, through dozens of nightly tags, before reaching other cities as the artist’s notoriety grew. André Saraiva has exhibited his work in international institutions and galleries, including the Palais de Tokyo in Paris (« Compulsive », 2007), la Maison Rouge (« Vraoum », 2009), Colette (« Drawings », 2010), as well as LA MOCA as part of the group exhibition « Art in the Streets » (2011) and the Venice Biennale the same year. He also held a solo show at The Hole Gallery in New York, and his own Paris gallery, « La mercerie d’André, » allowed him to sell his work directly. His character has appeared on commercial packaging (Orangina) and in collaborations with houses such as Louis Vuitton and Kitsuné. In Paris, a seventeen-meter-tall Monsieur A adorns the facade of the Hôtel Grand Amour, which he co-owns, illustrating the artist’s lasting imprint on the capital’s urban landscape.