Mathieu Kassovitz, acteur et réalisateur français né le 3 août 1967 à Paris, s’impose dès le milieu des années 1990 comme l’une des figures majeures du renouveau du cinéma français, à la fois devant et derrière la caméra. Révélé comme comédien avec Regarde les hommes tomber, il connaît la consécration l’année suivante comme réalisateur avec La Haine, film culte récompensé à Cannes et aux César. Son parcours, marqué par une double carrière entre cinéma d’auteur, productions de genre et incursions américaines, en fait l’un des cinéastes-acteurs les plus identifiables de sa génération.
Fils du réalisateur Peter Kassovitz, il grandit dans un environnement de cinéma et fait ses premiers pas à l’écran enfant, dans un film de son père. Assistant réalisateur de 1983 à 1988 sur des productions de cinéma, télévision, publicité et clips vidéo, il fait ses débuts de metteur en scène avec le court métrage Fierrot le pou en 1990, suivi de deux autres courts. En 1993, son premier long-métrage, Métisse, qu’il interprète également, est sélectionné à Venise et nommé aux César. La même période le révèle comme acteur : Regarde les hommes tomber (1994) de Jacques Audiard lui vaut le Prix Jean Gabin et le César du Meilleur Jeune Espoir Masculin, avant qu’il ne retrouve Audiard deux ans plus tard pour Un héros très discret. En 1995, il écrit et réalise La Haine, succès critique et commercial immédiat. Il poursuit en 1997 avec Assassin(s), plus difficilement reçu, tout en continuant à tourner comme acteur pour Luc Besson. Les années 2000 marquent une ouverture vers des productions plus ambitieuses côté réalisation (Les Rivières pourpres, puis Gothika et Babylon A.D. aux États-Unis) et une diversification de ses rôles d’acteur auprès de cinéastes internationaux comme Jean-Pierre Jeunet, Costa-Gavras ou Steven Spielberg. En 2011, il renoue avec un cinéma plus personnel et engagé avec L’Ordre et la morale, qu’il réalise et interprète, avant de recentrer plus récemment sa carrière sur le jeu d’acteur, dans des registres variés allant du film en costumes aux séries.
Comme réalisateur, La Haine (1995) reste son film le plus marquant : tourné en noir et blanc sur vingt-quatre heures dans la vie de trois jeunes de banlieue parisienne, il remporte le prix de la mise en scène à Cannes et trois César, dont celui du meilleur film. Les Rivières pourpres (2000), thriller porté par Jean Reno et Vincent Cassel, connaît un grand succès commercial et lui vaut une nomination au César du meilleur réalisateur, tandis que Babylon A.D. (2008), production hollywoodienne chaotique, se solde par un échec qu’il désavoue publiquement. Comme acteur, Regarde les hommes tomber (1994) le révèle et lui vaut ses premières récompenses, avant qu’il n’incarne Nino Quincampoix dans Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain (2001) de Jean-Pierre Jeunet, rôle qui le fait connaître du grand public. Il enchaîne avec Amen (2002) de Costa-Gavras, qui lui vaut une nomination au César du meilleur acteur, puis Munich (2005) de Steven Spielberg. Plus récemment, il incarne Driss dans la série Furies (2024) et apparaît en guest star dans Star Wars: Skeleton Crew (2024). Cet ensemble de films et de rôles, salué à Cannes et récompensé à plusieurs reprises aux César, situe Kassovitz parmi les artistes français les plus identifiables de sa génération, oscillant entre cinéma social exigeant, productions de genre et grand spectacle international.
Mathieu Kassovitz, French actor and director born on 3 August 1967 in Paris, emerged in the mid-1990s as one of the leading figures of the French cinema renewal, working both in front of and behind the camera. Revealed as an actor with See How They Fall, he achieved wider recognition the following year as a director with La Haine, a cult film honoured at Cannes and the César Awards. His career, marked by a dual path between auteur cinema, genre productions and American ventures, makes him one of the most identifiable director-actors of his generation.
The son of director Peter Kassovitz, he grew up surrounded by filmmaking and made his earliest screen appearances as a child in one of his father’s films. Working as an assistant director from 1983 to 1988 on film, television, advertising and music-video productions, he made his directing debut with the short film Fierrot le pou in 1990, followed by two further shorts. In 1993, his first feature, Métisse, in which he also starred, was selected at Venice and nominated for a César. The same period revealed him as an actor: Jacques Audiard’s See How They Fall (1994) earned him the Jean Gabin Prize and the César for Most Promising Actor, before he reunited with Audiard two years later for A Self-Made Hero. In 1995 he wrote and directed La Haine, an immediate critical and commercial success. He followed in 1997 with Assassin(s), more coolly received, while continuing to act for Luc Besson. The 2000s brought a shift toward more ambitious productions as a director (The Crimson Rivers, then Gothika and Babylon A.D. in the United States) and a diversification of his acting roles alongside international filmmakers such as Jean-Pierre Jeunet, Costa-Gavras and Steven Spielberg. In 2011 he returned to more personal, engaged filmmaking with Rebellion (L’Ordre et la morale), which he directed and starred in, before more recently focusing his career on acting, across registers ranging from period drama to television series.
As a director, La Haine (1995) remains his most significant film: shot in black and white over twenty-four hours in the lives of three young men from a Paris housing estate, it won the Best Director prize at Cannes and three César Awards, including Best Film. The Crimson Rivers (2000), a thriller starring Jean Reno and Vincent Cassel, was a major commercial success and earned him a César nomination for Best Director, while Babylon A.D. (2008), a troubled Hollywood production, ended in a failure he publicly disowned. As an actor, See How They Fall (1994) launched his career and earned his first awards, before he played Nino Quincampoix in Jean-Pierre Jeunet’s Amélie (2001), a role that made him widely known to the general public. He followed with Costa-Gavras’s Amen (2002), which earned him a César nomination for Best Actor, then Steven Spielberg’s Munich (2005). More recently he played Driss in the series Furies (2024) and made a guest appearance in Star Wars: Skeleton Crew (2024). This body of films and roles, honoured at Cannes and repeatedly recognised at the César Awards, positions Kassovitz among the most identifiable French artists of his generation, moving between demanding social cinema, genre productions and international blockbusters.