Naomi Klein - La Stratégie du choc (2007)
Naomi Klein - La Stratégie du choc (2007)

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La Stratégie du choc est un essai de la journaliste canadienne Naomi Klein, publié en 2007 sous le titre original The Shock Doctrine, puis traduit en français en 2008 chez Leméac/Actes Sud. Prolongeant la réflexion engagée avec No Logo, l’ouvrage explore comment guerres, coups d’État et catastrophes naturelles ont servi de leviers à l’imposition de politiques ultralibérales inspirées de l’école de Chicago. Best-seller international traduit dans de nombreuses langues, La Stratégie du choc est devenu une référence de la pensée altermondialiste sur le capitalisme du désastre.

S’appuyant sur une abondante documentation et de nombreux entretiens, Naomi Klein, née le 8 mai 1970, retrace, à travers plusieurs études de cas réparties sur cinq décennies, la manière dont des chocs politiques ou naturels ont été mis à profit pour faire adopter, dans l’urgence et sans débat démocratique, des réformes économiques radicales de dérégulation et de privatisation. La Stratégie du choc part des théories de Milton Friedman et de l’école de Chicago, pour lesquelles seule une crise, réelle ou perçue, permet un changement politique rapide, puis parcourt le coup d’État de Pinochet au Chili en 1973, la répression de la place Tiananmen en 1989, l’effondrement de l’Union soviétique, les difficultés de Solidarnosc en Pologne, la transition sud-africaine post-apartheid, les attentats du 11 septembre 2001, la guerre en Irak, le tsunami de 2004 au Sri Lanka et l’ouragan Katrina en 2005. Klein relie également ces épisodes à la pratique de la torture, notamment à Abou Ghraib et Guantánamo, comme instrument d’un même rapport de sidération et de contrôle.

La Stratégie du choc prolonge l’enquête entamée par Naomi Klein dans No Logo, best-seller international consacré à la mondialisation des marques, en s’attaquant cette fois aux mécanismes mêmes de diffusion du néolibéralisme. L’autrice, journaliste et essayiste formée à la London School of Economics, y mène une enquête de plusieurs années, appuyée par une équipe de recherche, croisant sources documentaires, archives et entretiens pour étayer chacune de ses affirmations. Publié en anglais en 2007 sous le titre The Shock Doctrine: The Rise of Disaster Capitalism, l’ouvrage paraît en français dès 2008 chez Leméac/Actes Sud, dans une traduction de Lori Saint-Martin et Paul Gagné, sur 672 pages. Le livre se structure en plusieurs parties chronologiques et thématiques, dont une consacrée à ce qu’elle nomme la « zone verte mobile », qui étend son analyse jusqu’à la reconstruction de l’Irak après 2003. Cette démarche d’enquête documentée s’inscrit dans la continuité d’un travail journalistique engagé, revendiqué comme tel par l’autrice elle-même.

Dès sa parution, La Stratégie du choc suscite un débat vif, opposant les lecteurs saluant l’ampleur de l’enquête et la richesse de sa documentation à des critiques, dont l’économiste Johan Norberg, qui contestent certaines de ses interprétations historiques et économiques. L’ouvrage rencontre néanmoins un large succès public, confirmant la stature internationale acquise par Naomi Klein depuis No Logo, et alimente de nombreux comptes rendus universitaires, notamment dans des revues francophones comme Mondes en développement ou la Revue française de socio-économie. En 2009, les cinéastes Michael Winterbottom et Mat Whitecross en tirent un documentaire éponyme, présenté au Festival de Saint-Sébastien puis au festival de Sundance en 2010, distribué en France par Haut et Court. Près de vingt ans après sa publication, La Stratégie du choc continue d’être cité comme grille de lecture pour analyser des épisodes politiques contemporains, certains commentateurs y voyant une clé de compréhension de politiques ultralibérales et libertariennes plus récentes.

The Shock Doctrine is a work of nonfiction by Canadian journalist Naomi Klein, first published in 2007 under its original English title, The Shock Doctrine: The Rise of Disaster Capitalism, with a French translation following in 2008 from Leméac/Actes Sud. Building on the argument begun in No Logo, the book examines how wars, coups, and natural disasters have been used as levers to impose radical free-market policies rooted in the Chicago School of economics. An international bestseller translated into numerous languages, La Stratégie du choc has become a reference point in alter-globalization thinking on disaster capitalism.

Drawing on extensive documentation and numerous interviews, Naomi Klein, born on May 8th 1970, traces, through a series of case studies spanning five decades, how political or natural shocks have been exploited to push through radical deregulation and privatization reforms in moments of urgency, bypassing democratic debate. La Stratégie du choc opens with the theories of Milton Friedman and the Chicago School, who held that only a real or perceived crisis allows for rapid political change, then moves through Pinochet’s 1973 coup in Chile, the crackdown at Tiananmen Square in 1989, the collapse of the Soviet Union, the difficulties faced by Solidarity in Poland, South Africa’s post-apartheid transition, the September 11, 2001 attacks, the Iraq War, the 2004 tsunami in Sri Lanka, and Hurricane Katrina in 2005. Klein also links these episodes to the practice of torture, notably at Abu Ghraib and Guantánamo, framing it as an instrument of the same logic of shock and control.

The Shock Doctrine extends the investigation Naomi Klein began in No Logo, her international bestseller on the globalization of branding, this time turning to the very mechanisms by which neoliberalism spreads. The author, a journalist and essayist trained at the London School of Economics, conducted a multi-year investigation supported by a research team, cross-referencing documentary sources, archives, and interviews to substantiate each claim. Published in English in 2007, the book appeared in French as early as 2008 through Leméac/Actes Sud, in a translation by Lori Saint-Martin and Paul Gagné, running to 672 pages. It is organized into several chronological and thematic sections, including one devoted to what she calls the « mobile Green Zone, » extending her analysis to the reconstruction of Iraq after 2003. This documented investigative approach continues a tradition of committed journalism that the author herself has explicitly claimed.

Upon publication, The Shock Doctrine sparked vigorous debate, with readers praising the scope of the investigation and the richness of its sourcing, while critics, including economist Johan Norberg, challenged some of its historical and economic interpretations. The book nonetheless achieved wide public success, confirming the international standing Naomi Klein had gained since No Logo, and has generated extensive academic commentary, including in French-language journals such as Mondes en développement and the Revue française de socio-économie. In 2009, filmmakers Michael Winterbottom and Mat Whitecross adapted it into an eponymous documentary, which premiered at the San Sebastián Film Festival and screened at Sundance in 2010, distributed in France by Haut et Court. Nearly two decades after its publication, La Stratégie du choc continues to be cited as an analytical framework for contemporary political events, with some commentators viewing it as a key to understanding more recent ultraliberal and libertarian policies.