Coquaz & Halissat - La nouvelle guerre des étoiles
Coquaz & Halissat - La nouvelle guerre des étoiles

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Paru le 26 août 2020 aux éditions Kero (groupe Calmann-Lévy), La Nouvelle Guerre des étoiles — Enquête : nous sommes tous notés est un essai journalistique de Vincent Coquaz et Ismaël Halissat, tous deux journalistes à Libération. Fruit de deux années d’enquête de terrain, cet ouvrage de société dissèque l’omniprésence de la notation dans nos vies contemporaines : des étoiles Amazon aux scores Uber, des questionnaires de satisfaction hospitaliers au crédit social expérimenté en Chine, les auteurs révèlent un système de classement permanent dont les effets, souvent invisibles, pèsent lourdement sur les individus et les organisations.

La notation moderne n’est pas une invention numérique : elle remonte aux collèges jésuites du XVIe siècle, qui furent parmi les premiers à systématiser le classement des élèves. C’est à partir de cette généalogie historique que Coquaz et Halissat déploient leur enquête. Ils montrent comment le consultant américain Fred Reichheld a popularisé dans les années 2000 le Net Promoter Score (NPS), outil de mesure de la satisfaction client devenu une religion managériale mondiale. Les conséquences sont multiples et souvent perverses : des chauffeurs Uber licenciés pour une note insuffisante, des soignants évalués par leurs patients, des employés notés par leurs collègues, des consommateurs blacklistés à leur insu par des algorithmes opaques. La tentation de tricher — faux avis, manipulation des scores — ronge la crédibilité du système. Et l’extension de la logique notée aux services publics, hôpitaux et institutions pose la question d’un contrôle social généralisé, dont le modèle chinois de notation citoyenne représente l’aboutissement le plus inquiétant.

La Nouvelle guerre des Étoiles est l’aboutissement d’une enquête de deux ans menée dans les méandres des avis clients. Vincent Coquaz, alors journaliste à la rubrique CheckNews de Libération et formateur en école de journalisme, avait auparavant travaillé pour Arrêt sur Images. Ismaël Halissat couvre le service police/justice du même quotidien. La Nouvelle guerre des Étoiles s’inscrit dans un mouvement éditorial français de la décennie 2010-2020 qui interroge les effets sociaux du numérique et de la plateformisation de l’économie, aux côtés d’essais sur l’ubérisation ou la surveillance algorithmique. Le titre joue sur la double acception de la « guerre des étoiles » — à la fois la compétition féroce pour obtenir de bonnes notes et l’allusion au programme militaire américain des années Reagan.

La réception est favorable dans la presse spécialisée et grand public, qui salue la clarté de l’enquête et la pertinence du sujet dans un contexte de montée en puissance des plateformes numériques. La RTBF couvre La Nouvelle guerre des Étoiles dès sa sortie, soulignant son caractère de document percutant sur les effets pervers de la notation permanente. Les lecteurs sur Babelio retiennent notamment la démonstration que la note, loin d’être un instrument neutre d’information, est un vecteur de contrôle et de pression sur les travailleurs comme sur les consommateurs. L’ouvrage constitue, avec d’autres essais de la même période, une contribution documentée au débat sur la gouvernance algorithmique et la réduction de la complexité sociale à un chiffre.

Published on 26 August 2020 by Kero (a Calmann-Lévy imprint), La Nouvelle Guerre des étoiles — Enquête : nous sommes tous notés (The New Star Wars — Investigation: We Are All Being Rated) is a journalistic essay by Vincent Coquaz and Ismaël Halissat, both journalists at Libération. The product of two years of field investigation, this social inquiry dissects the ubiquity of ratings in contemporary life: from Amazon stars to Uber scores, from hospital satisfaction surveys to the social credit system being piloted in China, the authors reveal a permanent classification system whose effects — often invisible — weigh heavily on individuals and organisations alike.

Modern rating is not a digital invention: it traces back to Jesuit colleges in the sixteenth century, among the first institutions to systematise the ranking of students. From this historical genealogy, Coquaz and Halissat develop their investigation. They show how American consultant Fred Reichheld popularised the Net Promoter Score (NPS) in the 2000s, a customer satisfaction measurement tool that became a global managerial religion. The consequences are multiple and often perverse: Uber drivers dismissed for a low score, healthcare workers evaluated by their patients, employees rated by their colleagues, consumers unknowingly blacklisted by opaque algorithms. The temptation to cheat — fake reviews, score manipulation — undermines the system’s credibility. And the extension of rating logic to public services, hospitals and institutions raises the question of generalised social control, of which China’s citizen scoring model represents the most alarming endpoint.

Vincent Coquaz, then a journalist in Libération‘s CheckNews fact-checking section and a journalism school trainer who had previously worked for Arrêt sur Images, co-wrote the book with Ismaël Halissat, who covers police and justice for the same newspaper. The work sits within a broader French publishing movement of the 2010s and early 2020s examining the social effects of digital technology and the platformisation of the economy, alongside essays on uberisation and algorithmic surveillance. The title plays on the double meaning of the « war of the stars » — both the fierce competition for good ratings and a nod to Reagan-era American military programme.

Reception for La Nouvelle guerre des Étoiles was favourable in both specialist and general press, which praised the clarity of the investigation and the pertinence of the subject amid the growing dominance of digital platforms. RTBF covered La Nouvelle guerre des Étoiles on publication, highlighting its force as a document on the perverse effects of permanent rating. Readers noted in particular the book’s demonstration that ratings, far from being neutral information tools, serve as instruments of control and pressure on workers and consumers alike. The work stands, alongside other essays of the period, as a documented contribution to the debate on algorithmic governance and the reduction of social complexity to a single number.