Sorti aux États-Unis le 19 mars 2004 et en France le 2 juin 2004, Eternal Sunshine of the Spotless Mind (Oublie-moi en titre commercial français) est un film de science-fiction romantique américain réalisé par Michel Gondry et écrit par Charlie Kaufman, produit par Anonymous Content et This Is That Productions pour Focus Features avec un budget de 20 millions de dollars. Né d’un dîner entre le cinéaste vershallois et l’artiste français Pierre Bismuth, le film réunit pour la première fois dans un registre grave et introspectif Jim Carrey et Kate Winslet, dans un récit non-linéaire sur l’amour, la mémoire et le deuil sentimental. Il est aujourd’hui unanimement considéré comme l’un des grands films de son époque.
Joel Barish, homme discret et mélancolique, découvre que sa petite amie Clementine Kruczynski a fait appel à la société Lacuna pour effacer toute trace de leur relation de sa mémoire. Sous le choc, il décide de subir le même procédé. Mais au fil de la nuit où ses souvenirs sont méthodiquement détruits, Joel réalise qu’il aime encore Clementine — et tente depuis l’intérieur de son propre cerveau de la protéger, de la cacher dans les recoins les plus anciens et les plus intimes de son passé, loin des techniciens qui opèrent pendant son sommeil. Pendant ce temps, une intrigue parallèle révèle que l’équipe chargée de l’effacement est elle-même prisonnière de ses propres désirs et mensonges. Le film oscille sans cesse entre réalité et souvenir, entre présent fragmenté et passé qui s’efface.
L’idée originale naît lors d’une conversation entre Pierre Bismuth et une amie qui se plaignait de son petit ami : Bismuth imagine une carte postale annonçant à son destinataire qu’il a été effacé de la mémoire d’une certaine personne. Il transmet le concept à Gondry, qui le soumet à Charlie Kaufman — alors auréolé de Dans la peau de John Malkovich et d’Adaptation — lequel en fait un scénario à part entière. Le titre est emprunté au poème Eloisa to Abelard d’Alexander Pope (18e siècle), que Kaufman avait déjà cité dans Dans la peau de John Malkovich. Le tournage se déroule principalement à Montauk, Long Island, et à New York, en hiver, avec une approche délibérément artisanale des effets visuels : Gondry, fidèle à son esthétique de clip vidéo, privilégie les trucages en caméra et les effets pratiques sur plateau plutôt que les images de synthèse — visages effacés de photos, décors qui s’effondrent en direct, éclairages à la lampe de poche. La photographie est assurée par Ellen Kuras et le montage non-linéaire confié à Valdís Óskarsdóttir. La musique de Jon Brion, minimaliste et mélancolique, joue un rôle central dans l’atmosphère du film. Elijah Wood et Mark Ruffalo ont largement improvisé leurs rôles secondaires, et une grande partie des dialogues entre Carrey et Winslet est issue de séances de répétition filmées.
Accueilli avec enthousiasme par la critique américaine et internationale, le film remporte l’Oscar du meilleur scénario original en 2005 pour Charlie Kaufman, Michel Gondry et Pierre Bismuth, ainsi que deux BAFTA — meilleur scénario et meilleur montage — et une nomination aux César du meilleur film étranger. Kate Winslet est nommée à l’Oscar de la meilleure actrice. Avec 73,3 millions de dollars de recettes mondiales pour 20 millions de budget, il constitue un succès commercial solide pour une production indépendante. Vingt ans après sa sortie, Eternal Sunshine demeure un film de référence sur la question de la mémoire affective, régulièrement cité comme l’un des meilleurs films des années 2000 et comme le sommet de la filmographie de Gondry.
Released in the United States on March 19, 2004 and in France on June 2, 2004, Eternal Sunshine of the Spotless Mind is an American romantic science fiction film directed by Michel Gondry and written by Charlie Kaufman, produced by Anonymous Content and This Is That Productions for Focus Features with a $20 million budget. Born from a dinner between the Versailles-born filmmaker and French artist Pierre Bismuth, the film pairs Jim Carrey and Kate Winslet for the first time in a serious, introspective register, in a non-linear narrative about love, memory, and emotional grief. It is today unanimously regarded as one of the great films of its era.
Joel Barish, a quiet and melancholic man, discovers that his girlfriend Clementine Kruczynski has contacted the Lacuna corporation to erase all trace of their relationship from her memory. Devastated, he decides to undergo the same procedure. But over the course of the night as his memories are systematically destroyed, Joel realizes he still loves Clementine — and attempts, from inside his own mind, to protect her, to hide her in the oldest and most intimate corners of his past, away from the technicians operating while he sleeps. Meanwhile, a parallel storyline reveals that the erasure team is itself trapped in its own desires and lies. The film oscillates ceaselessly between reality and memory, between a fragmented present and a past that fades away.
The original idea was born in a conversation between Pierre Bismuth and a friend complaining about her boyfriend: Bismuth imagined a postcard informing its recipient that they had been erased from someone’s memory. He passed the concept to Gondry, who submitted it to Charlie Kaufman — then celebrated for Being John Malkovich and Adaptation — who transformed it into a full screenplay. The title is borrowed from Alexander Pope’s 18th-century poem Eloisa to Abelard, which Kaufman had already referenced in Being John Malkovich. Filming took place primarily in Montauk, Long Island, and New York, in winter, with a deliberately artisanal approach to visual effects: Gondry, true to his music video aesthetic, favored in-camera tricks and practical on-set effects over CGI — faces erased from photographs, sets collapsing in real time, flashlight illumination. Cinematography was handled by Ellen Kuras and the non-linear editing by Valdís Óskarsdóttir. Jon Brion’s minimalist, melancholic score plays a central role in the film’s atmosphere. Elijah Wood and Mark Ruffalo extensively improvised their supporting roles, and much of the dialogue between Carrey and Winslet emerged from filmed rehearsal sessions.
Received with enthusiasm by American and international critics, the film won the Academy Award for Best Original Screenplay in 2005 for Charlie Kaufman, Michel Gondry, and Pierre Bismuth, as well as two BAFTAs — Best Original Screenplay and Best Editing — and a César nomination for Best Foreign Film. Kate Winslet received a Best Actress Oscar nomination. With $73.3 million in worldwide grosses against a $20 million budget, it achieved solid commercial success for an independent production. Twenty years after its release, Eternal Sunshine remains a landmark film on the question of affective memory, regularly cited as one of the best films of the 2000s and as the pinnacle of Gondry’s filmography.

