Sorti en 2016, The Autopsy of Jane Doe marque l’incursion du réalisateur norvégien André Øvredal dans le cinéma d’horreur anglophone, après le succès de son film Trollhunter. Ce thriller surnaturel huis clos met en scène Brian Cox et Emile Hirsch dans les rôles d’un père et de son fils, tous deux médecins-légistes, qui se retrouvent piégés dans leur morgue lors de l’autopsie d’une femme non identifiée. Connu en France sous le titre The Jane Doe Identity, le film explore les mystères entourant ce corps parfaitement préservé découvert sur une scène de crime inexpliquée. Présenté en première mondiale au Festival international du film de Toronto en septembre 2016, The Autopsy of Jane Doe a rapidement séduit la critique pour son approche intelligente de l’horreur, mêlant suspense psychologique, atmosphère claustrophobe et éléments surnaturels.
Résumé
The Autopsy of Jane Doe est un film d’horreur surnaturel qui se déroule presque entièrement dans une morgue familiale située en Virginie. L’histoire commence lorsque le shérif du comté de Grantham livre le corps d’une femme non identifiée à Tommy Tilden et son fils Austin, médecins-légistes de père en fils. Ce cadavre a été découvert à moitié enterré dans le sous-sol d’une maison où un massacre inexpliqué a eu lieu. Aucune trace d’effraction n’a été relevée, et les victimes semblaient tenter de fuir les lieux au moment de leur mort. Le mystère s’intensifie lorsque les enquêteurs constatent que le corps de Jane Doe, contrairement aux victimes, est dans un état de conservation parfait.
Austin s’apprête à rejoindre sa petite amie Emma pour la soirée, mais accepte de reporter leur rendez-vous pour aider son père à effectuer cette autopsie urgente. Dès les premières observations, Tommy et Austin découvrent des anomalies troublantes. La taille de la jeune femme porte les marques d’un corset, vêtement qui a disparu de la mode depuis plusieurs siècles. L’heure de sa mort reste impossible à déterminer : l’absence de rigidité cadavérique et le sang encore liquide suggèrent un décès récent, tandis que ses yeux voilés indiquent qu’elle est morte depuis plusieurs jours.
En poursuivant l’examen, les deux légistes découvrent des blessures internes inexplicables sans aucun traumatisme externe visible : os des poignets et des chevilles brisés, langue sectionnée, poumons noircis, organes criblés de coups de couteau. Dans son estomac, ils trouvent du jimsonweed, une plante paralysante originaire de Nouvelle-Angleterre. À mesure que la nuit avance, des phénomènes surnaturels se manifestent dans la morgue : la radio change de station spontanément, leur chat Stanley est retrouvé mortellement blessé, les cadavres dans la morgue disparaissent, et les lumières explosent. Prisonniers de leur propre établissement, un arbre ayant bloqué l’unique sortie, Tommy et Austin comprennent progressivement que Jane Doe n’est pas une victime ordinaire.
L’autopsie révèle finalement la terrible vérité : des inscriptions en chiffres romains trouvées dans le corps renvoient au Lévitique 20:27, qui condamne les sorcières, et à l’année 1693, date des procès de Salem. Jane Doe a été torturée à mort après avoir été accusée de sorcellerie, mais ce traitement brutal l’a transformée en une véritable sorcière immortelle, condamnée à ressentir éternellement la douleur infligée à son corps. The Autopsy of Jane Doe mêle horreur corporelle, thriller psychologique et critique historique, transformant une simple salle d’autopsie en théâtre d’une vengeance surnaturelle terrifiante.
Fiche technique
- Réalisation : André Øvredal,
- Scénario : Ian Goldberg et Richard Naing, script figurant sur la Black List
- Genre : Horreur surnaturelle, Thriller
- Pays d’origine : Royaume-Uni / USA
- Langue : Anglais
- Durée : 86 minutes
- Date de sortie : 28 janvier 2017
Casting
- Brian Cox : Tommy Tilden dans The Autopsy of Jane Doe, le patriarche et médecin-légiste expérimenté qui dirige la morgue familiale. Son personnage représente la sagesse professionnelle et la rationalité face à l’inexplicable, avant d’être confronté à une terreur qu’il ne peut contrôler.
- Emile Hirsch : Austin Tilden, le fils de Tommy et son assistant dans la morgue familiale. Austin représente la nouvelle génération, partagé entre le désir de suivre les traces de son père et celui de construire sa propre vie aux côtés de sa petite amie Emma.
- Olwen Catherine Kelly : le rôle unique et exigeant de Jane Doe, le cadavre mystérieux au centre de l’intrigue. Sélectionnée notamment pour ses connaissances en yoga qui lui permettaient de contrôler sa respiration et son corps, Kelly est restée immobile pendant des heures sur une table de marbre froide lors du tournage. André Øvredal a déclaré qu’elle avait le rôle le plus difficile du film.
- Ophelia Lovibond : Emma Roberts, la petite amie d’Austin qui souhaite passer la soirée avec lui avant que l’arrivée du corps de Jane Doe ne bouleverse leurs plans.
Autour du film
The Autopsy of Jane Doe représente un tournant dans la carrière d’André Øvredal, qui souhaitait prouver qu’il pouvait réaliser autre chose que des films en found footage après le succès de Trollhunter. Le réalisateur norvégien s’est inspiré de Conjuring : Les Dossiers Warren pour revenir à un cinéma d’horreur classique et épuré. Après avoir visionné le film de James Wan, Øvredal a demandé à son agent de lui trouver « un pur scénario d’horreur », ce qui l’a conduit au script d’Ian Goldberg et Richard Naing, qui figurait sur la Black List annuelle des meilleurs scénarios non produits d’Hollywood. Cette liste prestigieuse recense les scripts les plus prometteurs de l’industrie avant leur production.
Le tournage de The Autopsy of Jane Doe s’est déroulé de manière inhabituelle pour maximiser la tension et faciliter le travail des acteurs. Contrairement à la plupart des productions, The Autopsy of Jane Doe a été tourné dans l’ordre chronologique des événements. Cette décision a permis à Brian Cox et Emile Hirsch de vivre progressivement la montée de terreur de leurs personnages. Brian Cox a déclaré que cette méthode aurait rendu le projet « monstrueusement difficile » s’il avait fallu tourner dans le désordre, compte tenu du temps nécessaire pour installer les éléments complexes sur les tables d’autopsie. Les scènes extérieures et la cuisine de la maison Tilden ont été filmées à Home Farm, à Selling dans le Kent, en Angleterre.
L’un des aspects les plus remarquables de The Autopsy of Jane Doe concerne le choix d’utiliser une véritable actrice plutôt que des prothèses pour incarner le cadavre de Jane Doe. André Øvredal estimait qu’une actrice réelle était nécessaire pour créer une connexion humaine avec le public et rendre certains gros plans impossibles à réaliser avec un mannequin. Olwen Catherine Kelly a été sélectionnée dès le premier casting, notamment grâce à sa maîtrise du yoga qui lui permettait de contrôler sa respiration et ses mouvements corporels.
Le réalisateur a qualifié son rôle de « le plus éprouvant du film », Kelly devant rester allongée nue et immobile sur une table de marbre froide pendant 8 à 10 heures par jour durant plusieurs semaines. Øvredal a salué son professionnalisme absolu, affirmant qu’elle n’a jamais émis la moindre plainte et a contribué à mettre toute l’équipe à l’aise sur le plateau. Martin Sheen avait initialement été envisagé pour le rôle de Tommy Tilden, mais s’est retiré du projet avant le début du tournage.
The Autopsy of Jane Doe a reçu un accueil critique très favorable. Sur Rotten Tomatoes, le film affiche un score de 86% d’avis positifs sur la base de 110 critiques, avec une note moyenne de 7/10. Le consensus critique souligne que le film « subvertit les attentes macabres déclenchées par son titre pour offrir un thriller intelligent et suggestivement effrayant ». Metacritic lui attribue une note de 65/100, indiquant des « critiques généralement favorables ». L’écrivain Stephen King lui-même a exprimé publiquement son admiration pour le film, contribuant à accroître sa notoriété auprès des amateurs d’horreur.
Variety a décrit The Autopsy of Jane Doe comme un « film d’horreur tendu mais souvent sournoisement drôle », tandis que Bloody Disgusting lui a attribué la note maximale de 5/5 étoiles, louant l’équilibre entre gore, jump scares et atmosphère pesante. Le film figure également dans la liste des « 100 meilleurs films de zombies » de Rotten Tomatoes, bien qu’il traite davantage de sorcellerie que de mort-vivants au sens traditionnel. Malgré ces éloges critiques, le film n’a généré que 6 millions de dollars au box-office mondial, un succès qui a néanmoins permis à André Øvredal d’attirer l’attention de Guillermo del Toro, qui l’a choisi pour réaliser l’adaptation de Scary Stories to Tell in the Dark.
FAQ
- Où voir The Autopsy of Jane Doe en streaming ? The Autopsy of Jane Doe est disponible sur plusieurs plateformes de streaming. Le film peut être visionné sur Netflix dans certaines régions, ainsi que sur des services spécialisés dans l’horreur comme Shudder, AMC+ et Sundance Now. Il est également disponible à la location ou à l’achat sur Apple TV, Amazon Prime Video et Google Play. En France, le film est commercialisé sous le titre The Jane Doe Identity. La disponibilité peut varier selon les pays et les abonnements, il est donc recommandé de vérifier sur les plateformes locales pour connaître les options actuelles.
- The Autopsy of Jane Doe est-il inspiré d’une histoire vraie ? Non, The Autopsy of Jane Doe n’est pas basé sur une histoire vraie. Il s’agit d’une œuvre de fiction écrite par Ian Goldberg et Richard Naing. Cependant, le film s’inspire de faits historiques réels, notamment les procès des sorcières de Salem en 1693, au cours desquels de nombreuses femmes innocentes ont été torturées et exécutées sous de fausses accusations de sorcellerie. Le scénario utilise ce contexte historique pour construire une histoire d’horreur surnaturelle autour d’une victime de ces persécutions qui se transforme en entité vengeresse. Cette dimension historique ajoute une profondeur thématique au film, qui devient également une réflexion sur la violence faite aux femmes.
- Quelle est la signification de la fin de The Autopsy of Jane Doe ? La fin de The Autopsy of Jane Doe révèle que Jane Doe était une femme innocente torturée et tuée durant les procès de Salem en 1693 après avoir été faussement accusée de sorcellerie. Ironiquement, la brutalité de son exécution l’a transformée en une véritable sorcière immortelle, condamnée à ressentir éternellement la douleur infligée à son corps. Elle cherche à faire subir aux autres ce qu’elle a enduré, piégeant les Tilden dans un cycle de souffrance. La scène finale, où son orteil bouge dans l’ambulance qui l’emmène vers une nouvelle destination, suggère que le cauchemar va se répéter ailleurs, Jane Doe étant destinée à perpétuer sa vengeance indéfiniment. Cette conclusion fait de Jane Doe un symbole de toutes les victimes innocentes des chasses aux sorcières.