ROA est un artiste urbain anonyme originaire de Gand, en Belgique, né vers 1976. Il s’est imposé comme l’un des muralistes les plus reconnus de la scène street art internationale grâce à d’immenses peintures animalières en noir, blanc et gris. Son travail, empreint d’un rapport singulier au vivant, à la mort et à la nature urbaine, s’étend aujourd’hui sur les cinq continents.
Élevé à Gand dans les années 1980, ROA grandit imprégné de culture américaine, entre skateboard et hip-hop, ce qui le mène vers le graffiti. Il débute par des interventions classiques, du type lettrage et pièces vaporisées sous les ponts et sur les murs de sa ville. Son goût pour la nature, cultivé depuis l’enfance au contact de la campagne belge, l’oriente progressivement vers la représentation d’animaux, sujet qui deviendra la signature de son œuvre. Sa visibilité internationale s’accélère à la fin des années 2000, portée par les festivals de street art et la circulation de photographies de ses murs sur les plateformes spécialisées. Il investit alors des friches industrielles et des façades de grande taille dans de nombreux pays d’Europe, avant d’étendre son travail aux Amériques, à l’Océanie et à certaines régions d’Asie, tout en conservant une exposition publique volontairement discrète.
ROA travaille principalement à la bombe aérosol et à la peinture acrylique, dans une palette réduite au noir, au blanc et aux nuances de gris, ponctuée à l’occasion de touches de couleur pour évoquer chairs ou organes. Ses murs de très grand format représentent des animaux locaux, choisis en fonction de la faune propre à chaque lieu d’intervention : rats à New York, éléphants à Bangkok ou capybaras en Amérique du Sud. Il aime figurer ses sujets sous forme de squelettes, d’organes ou de corps en décomposition, mêlant vie, mort et renaissance. Son geste, précis malgré des outils simples, s’accompagne souvent d’esquisses préparatoires pour les murs de grande échelle, et s’inscrit dans une réflexion sur la conservation et la place du vivant dans l’espace urbain.
ROA a peint des centaines de murs à travers le monde, notamment à Londres, où son lapin de Hackney Road suscite une controverse municipale en 2010, ainsi qu’à New York, Berlin, Varsovie, Madrid, Moscou, Los Angeles, Mexico ou Paris. Il participe en 2011 à l’exposition collective « Art in the Streets » au MOCA de Los Angeles, aux côtés d’artistes comme Banksy et Invader. En 2014, il intervient dans le projet Djerbahood, en Tunisie, puis peint un lézard cornu à Las Vegas pour le festival Life Is Beautiful. Ses interventions se poursuivent en Australie, où il réalise notamment un numbat monumental à Fremantle, ainsi qu’en Norvège, à Stavanger et Vardø, sur le thème de la chasse à la baleine. En 2019, la monographie ROA – CODEX, publiée chez Lannoo, retrace pour la première fois l’ensemble de son œuvre à travers quatre continents.
ROA is an anonymous urban artist from Ghent, Belgium, born around 1976. He has become one of the most recognized muralists on the international street art scene through monumental animal paintings rendered in black, white and grey. His work, marked by a distinctive relationship to living creatures, death and urban nature, now spans five continents.
Raised in Ghent in the 1980s, ROA grew up immersed in American culture, between skateboarding and hip-hop, which drew him toward graffiti. He began with classic interventions such as lettering and spray-painted pieces under bridges and on the walls of his city. His love of nature, cultivated since childhood through contact with the Belgian countryside, gradually steered him toward depicting animals, a subject that would become the signature of his work. His international visibility accelerated in the late 2000s, carried by street art festivals and the circulation of photographs of his walls on specialized platforms. He went on to work in industrial wastelands and on large-scale facades across many European countries, before extending his practice to the Americas, Oceania and parts of Asia, all while maintaining a deliberately low public profile.
ROA works mainly with spray paint and acrylic, using a palette limited to black, white and shades of grey, occasionally punctuated with touches of color to evoke flesh or organs. His large-format murals depict local animals, chosen according to the wildlife specific to each location: rats in New York, elephants in Bangkok, or capybaras in South America. He likes to render his subjects as skeletons, organs or decaying bodies, blending life, death and rebirth. His precise gesture, achieved with simple tools, is often preceded by preparatory sketches for large-scale walls, and reflects a broader concern with conservation and the place of living creatures within urban space.
ROA has painted hundreds of murals worldwide, including in London, where his rabbit on Hackney Road sparked a municipal controversy in 2010, as well as in New York, Berlin, Warsaw, Madrid, Moscow, Los Angeles, Mexico City and Paris. In 2011, he took part in the group exhibition « Art in the Streets » at MOCA Los Angeles, alongside artists such as Banksy and Invader. In 2014, he contributed to the Djerbahood project in Tunisia, then painted a horned lizard in Las Vegas for the Life Is Beautiful festival. His work has continued in Australia, where he created a monumental numbat mural in Fremantle, and in Norway, in Stavanger and Vardø, on the theme of whaling. In 2019, the monograph ROA – CODEX, published by Lannoo, offered the first overview of his work across four continents.