Flatliners - L'expérience interdite (1990 vs 2017)
Flatliners - L'expérience interdite (1990 vs 2017)

Sony Pictures lance le remake en 2017 de Flatliners, thriller de science-fiction psychologique signé Joel Schumacher en 1990. C’est une pratique aussi ancienne que le cinéma lui-même : revisiter une œuvre existante pour la soumettre à un nouveau regard, un nouveau contexte, un nouveau public. L’original, porté par un casting cinq étoiles — Kiefer Sutherland, Julia Roberts, Kevin Bacon — avait marqué les esprits par son esthétique gothique et sa prémisse audacieuse : des étudiants en médecine qui s’arrêtent volontairement le cœur pour explorer ce qui existe après la mort.

Vingt-sept ans plus tard, le Danois Niels Arden Oplev (Millénium) reprend le flambeau avec Elliot Page et Diego Luna dans les rôles principaux. L’écart générationnel, le changement de réalisateur et la recomposition complète du casting font de cette comparaison un cas d’école pour mesurer ce qu’un reboot gagne — ou perd — en traversant les décennies.

Flatliners (1990)

Au sein d’une faculté de médecine de Chicago, Nelson Wright, étudiant aussi brillant qu’imprudent, convainc quatre camarades de participer à une expérience clandestine et périlleuse : provoquer volontairement un arrêt cardiaque pour explorer ce qui se passe après la mort, avant d’être réanimé. Chacun y va de sa propre plongée dans le néant, repoussant à chaque fois un peu plus les limites du temps passé cliniquement mort.

Mais les expériences ont des conséquences imprévues : chaque étudiant revient hanté par des fragments de son passé, manifestations spectrales de fautes et de traumatismes enfouis. Ce qui débute comme une aventure scientifique teintée d’arrogance juvénile se transforme en descente aux enfers psychologique, où culpabilité et rédemption deviennent les véritables enjeux. Joel Schumacher installe une atmosphère néo-gothique oppressante, portée par la photographie expressionniste de Jan de Bont et la partition de James Newton Howard, faisant de ce film un objet visuel aussi singulier que son propos.

  • Réalisation : Joel Schumacher
  • Scénario : Peter Filardi
  • Genre : Science-fiction, horreur psychologique, thriller
  • Pays d’origine : États-Unis
  • Langue : Anglais
  • Durée : 115 minutes
  • Date de sortie : 1990 (France, titre : L’Expérience interdite)
  • Principaux acteurs : Kiefer Sutherland (Nelson Wright), Julia Roberts (Rachel Mannus), Kevin Bacon (David Labraccio), William Baldwin (Joe Hurley), Oliver Platt (Randy Steckle)

Flatliners (2017)

Courtney, étudiante en médecine hantée par la mort accidentelle de sa jeune sœur dont elle se sent responsable, convainc plusieurs de ses camarades de la laisser s’arrêter cliniquement le cœur le temps d’enregistrer l’activité cérébrale post-mortem. Sauvée de justesse grâce à l’intervention de Ray, le seul du groupe à refuser de participer, elle revient transformée : mémoire décuplée, euphorie, capacités intellectuelles augmentées.

Envieux, ses camarades Jamie, Sophia puis Marlo se prêtent à leur tour à l’expérience, prolongeant chaque fois la durée d’arrêt cardiaque. Mais les effets secondaires ne tardent pas : chacun se retrouve poursuivi par une vision incarnant une faute passée — abandon, négligence médicale, trahison. Le film de Niels Arden Oplev reprend la structure narrative de l’original en l’ancrant dans une esthétique contemporaine, privilégiant les jump scares et les codes du film d’horreur mainstream au détriment de l’atmosphère gothique qui caractérisait le long-métrage de 1990.

  • Réalisation : Niels Arden Oplev
  • Scénario : Ben Ripley (d’après le scénario original de Peter Filardi)
  • Genre : Science-fiction, horreur psychologique
  • Pays d’origine : États-Unis
  • Langue : Anglais
  • Durée : 109 minutes
  • Date de sortie : 22 novembre 2017 (France, titre : L’Expérience interdite – Flatliners)
  • Principaux acteurs : Elliot Page (Courtney), Diego Luna (Ray), Nina Dobrev (Marlo), James Norton (Jamie), Kiersey Clemons (Sophia), Kiefer Sutherland (Dr. Barry Wolfson)

Flatliners 1990 vs Flatliners 2017

Le point de départ est identique : des étudiants en médecine jouent avec la mort pour percer ses secrets. Mais les deux films divergent dès leur traitement esthétique. Schumacher construit un univers néo-gothique délibérément stylisé — décors chargés, photographie expressionniste de Jan de Bont, atmosphère baroque — là où Oplev opte pour un rendu visuel lisse et générique, aligné sur les codes du film d’horreur mainstream des années 2010.

Sur le plan thématique, les deux versions partagent le même moteur narratif : la culpabilité comme punition post-mortem. Mais le remake d’Oplev ajoute une dimension de représentativité assumée — casting plus diversifié, personnages féminins davantage au centre — sans pour autant approfondir leur psychologie au-delà de ce qu’offrait déjà l’original.

L’accueil critique marque l’écart le plus net. Le film de 1990, malgré des réserves sur sa résolution narrative, s’est imposé comme un film culte avec un score Rotten Tomatoes de 50% et les éloges de Roger Ebert, qui saluait un thriller original et intelligent. Le remake de 2017 a été sévèrement reçu, les critiques lui reprochant unanimement de recycler les défauts de l’original sans en conserver les qualités.

Côté box-office, l’original avait engrangé 61,5 M$ avec un budget conséquent ; le remake, produit pour 19 M en a rapporté environ 45M dans le monde, ce qui en fait un succès commercial modeste.

Enfin, la présence de Kiefer Sutherland dans les deux films constitue un lien trouble : officiellement personnage distinct dans le remake, une scène coupée révèle qu’il incarne en réalité le même Nelson Wright, vieilli et sous une nouvelle identité — détail qui brouille la frontière entre remake et suite.

FAQ

  • Qu’est-ce qu’un remake au cinéma ? Un remake est un film qui reprend le scénario ou les grandes lignes d’une œuvre existante pour en proposer une nouvelle version, généralement avec un casting et une mise en scène inédits. Le remake peut être fidèle à l’original ou s’en éloigner significativement, comme c’est partiellement le cas avec Flatliners (2017).
  • Flatliners (1990) et Flatliners (2017) sont-ils adaptés aux enfants ? Les deux films déconseillés aux jeunes publics : Flatliners (1990) est classé R aux États-Unis en raison de scènes de tension et de contenu adulte. Le remake de 2017 est également classé PG-13, avec des scènes d’horreur et des thématiques liées à la mort et à la culpabilité peu adaptées aux enfants.
  • Faut-il avoir vu Flatliners (1990) avant de regarder le remake de 2017 ? Non, le remake de 2017 fonctionne de manière autonome et ne nécessite pas de connaître l’original. Voir le Flatliners de Schumacher en premier enrichit néanmoins la comparaison et permet d’apprécier — ou de mesurer — les choix opérés par Niels Arden Oplev vingt-sept ans plus tard.