Je suis le feu est le deuxième volet des enquêtes de Victor Caranne et le cinquième roman de Max Monnehay, publié le 4 mars 2022 aux éditions du Seuil dans la collection Cadre Noir. Roman policier de 408 pages ancré entre La Rochelle et l’île de Ré, il fait suite à Somb (2020, prix Transfuge du meilleur espoir polar) qui initiait les aventures du psychologue carcéral. Monnehay — née en 1980 à Beauvais, auteure également de Corpus Christine (prix du Premier Roman 2006) et Géographie de la Bêtise (Seuil) — confirme avec ce volume la formule critique qui commence à circuler à son sujet : « la nouvelle reine du thriller français ». Je suis le feu s’impose comme le roman qui fait basculer sa réception d’auteure à découvrir en auteure installée.
La Rochelle, juillet. Un tueur frappe dans l’ombre : deux mères de famille ont déjà été égorgées en présence de leur jeune fils, que le meurtrier a pris soin de préserver du spectacle en lui bandant les yeux et en lui posant un casque sur les oreilles. La police est démunie — pas d’indice probant, pas de piste sérieuse — et le commissaire Baccaro se tourne vers Victor Caranne pour établir le profil psychologique du criminel. Victor, psychologue carcéral à la maison centrale de Saint-Martin-de-Ré, traverse toujours les séquelles de la mort de la femme qu’il aimait, révélée dans Somb. Il anime des groupes thérapeutiques auprès de criminels multirécidivistes — des hommes qui lui confient leurs fantasmes les plus abjects, protégés par le secret professionnel. La traque du tueur, conduite en parallèle de l’approfondissement de la vie personnelle des personnages secondaires récurrents — Marcus, Noémie, Babiack, Anaïs — ne laissera personne indemne et fera basculer plusieurs destins.
Monnehay construit Je suis le feu en alternant trois registres de chapitres : l’enquête criminelle proprement dite, la vie personnelle de Victor et de ses proches, et les pensées du tueur — dispositif qui installe une tension psychologique constante en donnant accès à l’intériorité du criminel sans jamais le rendre lisible. La culpabilité traverse le roman comme un fil conducteur souterrain, portée à la fois par les personnages enquêteurs et par les victimes. Le choix de La Rochelle et de l’île de Ré comme cadre géographique — reliées par un pont que Victor traverse chaque matin à moto — donne au roman une unité de lieu et une atmosphère estivale contrastant avec la noirceur de l’intrigue. La plume de Monnehay est décrite par la critique comme « juste et dynamique », avec un dosage équilibré entre investigation et psychologie des personnages, et une capacité à maintenir le suspense jusqu’aux dernières pages.
À sa parution, Je suis le feu rencontre un écho fort sur la blogosphère littéraire et une exposition médiatique soutenue. Les lecteurs de Somb retrouvent Victor Caranne « toujours blessé, plein de fêlures », et saluent un roman « plus sadique » que le premier volet selon certains avis, en tout cas plus sombre dans ses enjeux. Les critiques convergent sur une intrigue « redoutable et palpitante, sans temps mort », une construction soignée et une fin qui ne déçoit pas. Quelques voix plus nuancées signalent un usage parfois excessif des comparaisons et un ton humoristique pas toujours naturel pour certains personnages secondaires. Je suis le feu s’impose néanmoins comme la confirmation d’une auteure qui a su créer un univers de personnages récurrents suffisamment dense pour fidéliser un lectorat exigeant, et sert de tremplin au troisième volet, À la gorge (2024), considéré par la presse comme son meilleur roman à ce jour.
Je suis le feu (I Am the Fire) is the second instalment in the Victor Caranne series and the fifth novel by Max Monnehay, published on March 4, 2022 by Le Seuil in the Cadre Noir collection. A 408-page crime novel set between La Rochelle and the Île de Ré, it follows Somb (2020, Prix Transfuge du meilleur espoir polar), which launched the prison psychologist’s investigations. Monnehay — born in Beauvais in 1980, also the author of Corpus Christine (Prix du Premier Roman 2006) and Géographie de la Bêtise (Seuil) — confirms with this volume the critical formulation beginning to attach to her name: « the new queen of the French thriller. » This is the novel that shifts her reception from a writer to discover into an established one.
La Rochelle, July. A killer strikes in shadow: two mothers have already been murdered, their throats cut in the presence of their young sons, whom the killer has carefully shielded from the sight by blindfolding them and placing headphones over their ears. The police have no leads and no solid evidence, and Commissioner Baccaro turns to Victor Caranne to build a psychological profile of the criminal. Victor, a prison psychologist at the Saint-Martin-de-Ré central prison, is still living with the aftermath of the loss of the woman he loved, revealed in Somb. He runs therapeutic groups with repeat offenders — men who confide their most abject fantasies to him, protected by professional secrecy. The hunt for the killer, conducted in parallel with the deepening of the personal lives of recurring secondary characters — Marcus, Noémie, Babiack, Anaïs — will leave no one unscathed and will overturn several fates.
Monnehay builds Je suis le feu around three alternating chapter types: the criminal investigation itself, the personal lives of Victor and those around him, and the thoughts of the killer — a device that sustains constant psychological tension by granting access to the criminal’s interiority without ever rendering him legible. Guilt runs through the novel as an underground thread, carried by both investigating characters and victims. The choice of La Rochelle and the Île de Ré as the geographical setting — connected by a bridge Victor crosses by motorbike every morning — gives the novel a unity of place and a summer atmosphere that contrasts pointedly with the darkness of the plot. Monnehay’s prose is described by critics as « precise and dynamic, » with a well-calibrated balance between investigation and character psychology, and a capacity to sustain suspense to the final pages.
On publication, Je suis le feu generated strong resonance in literary blogging circles and sustained media coverage. Readers of Somb welcomed Victor Caranne back — « still wounded, full of cracks » — and praised a novel described by some as « more sadistic » than the first instalment, in any case darker in its stakes. Reviews converged on a plot that is « formidable and gripping, with no dead moments, » careful construction, and an ending that does not disappoint. A few more measured voices noted an occasional over-reliance on comparisons and a tone for certain secondary characters that sometimes felt forced. Je suis le feu nonetheless confirmed an author who had built a fictional world dense enough with recurring characters to retain a demanding readership, and served as the springboard for the third instalment, À la gorge (2024), widely considered her strongest novel to date.

