Hotel Artemis est un thriller d’action dystopique écrit et réalisé par Drew Pearce, scénariste britannique connu pour Iron Man 3 (2013) et Mission : Impossible — Rogue Nation (2015), qui signe ici son premier long-métrage en tant que réalisateur. Sorti aux États-Unis le 8 juin 2018 et distribué internationalement par Lionsgate, le film prend place dans un Los Angeles futuriste de 2028 ravagé par des émeutes liées à la privatisation de l’eau potable.
Au cœur de ce chaos, un hôtel délabré cache en son penthouse un hôpital clandestin réservé aux seuls criminels membres — imaginé comme un cousin plus sombre et plus crasseux de l’Hôtel Continental de John Wick. Porté par un casting d’ensemble particulièrement généreux — Jodie Foster, Sterling K. Brown, Sofia Boutella, Jeff Goldblum, Dave Bautista — le film explore en une nuit les thématiques du code d’honneur criminel, de la culpabilité et de la survie dans un monde où les institutions ont définitivement cédé la place au crime organisé.
Résumé
Los Angeles, 21 juin 2028. La ville est à feu et à sang. Des milliers de citoyens descendent dans les rues pour protester contre la décision d’une mégacorporation de privatiser l’accès à l’eau potable. Dans ce chaos généralisé, Sherman et son frère Lev en profitent pour braquer une banque. L’opération tourne mal : la majeure partie de l’équipe est abattue, Lev est grièvement blessé. En fuyant, Lev s’empare d’un stylo appartenant à un client bien habillé qui l’avertit que c’est une très mauvaise idée. Les deux frères n’ont qu’une option : l’Hôtel Artemis.
Dissimulé dans un immeuble Art Déco du centre-ville en apparente décrépitude, l’Artemis abrite en réalité au dernier étage un hôpital clandestin ultra-technologique réservé aux criminels membres à jour de cotisation. Il est dirigé d’une main ferme par Jean Thomas — « The Nurse » — une femme de 75 ans rongée par l’agoraphobia et un deuil ancien, secondée par son colossal homme de main Everest. Les règles y sont strictes et non négociables : pas d’armes, pas de non-membres, pas de meurtre entre patients. Les chambres portent des noms de villes : Waikiki, Honolulu, Acapulco, Nice.
Ce soir-là, l’hôtel affiche presque complet. Acapulco, marchand d’armes insupportable, occupe déjà une suite. Nice, une assassine internationale au calme inquiétant, prétend simplement se reposer. Puis arrive une policière blessée — Morgan, ancienne connaissance du fils disparu de Thomas — que The Nurse décide d’admettre en violation de ses propres règles. Et pour couronner le tout, le Wolfking, parrain criminel propriétaire de l’Artemis et de la moitié de Los Angeles, est en route avec une escorte armée.
Hotel Artemis se déroule entièrement sur cette nuit, dans ce huis clos sous tension, où les alliances se forment et se défont au gré des révélations, tandis que les émeutes grondent aux fenêtres et que la neutralité de l’hôtel vole progressivement en éclats.
Fiche technique
- Réalisation : Drew Pearce
- Scénario : Drew Pearce
- Genre : Thriller d’action, science-fiction dystopique, film noir
- Pays d’origine : Royaume-Uni / États-Unis
- Langue : Anglais
- Durée : 93 minutes
- Date de sortie : 8 juin 2018
Casting
- Jodie Foster : Jean « The Nurse » Thomas dans Hotel Artemis, infirmière agoraphobe de 75 ans qui dirige l’hôpital clandestin d’une main inflexible. Le rôle marque son retour au premier plan après cinq ans d’absence au cinéma.
- Sterling K. Brown : Waikiki, alias Sherman, braqueur de banque dont la nuit à l’Artemis va bouleverser bien plus que prévu.
- Sofia Boutella : Nice, assassine internationale au calme trompeur dont les véritables intentions se révèlent progressivement.
- Jeff Goldblum : Orian Franklin dit le Wolfking, parrain criminel propriétaire de l’Artemis, dont l’arrivée imminente structure la tension du dernier acte.
- Dave Bautista : Everest, l’homme de main imposant et loyalement dévoué à The Nurse — personnage dont la douceur contredit la stature.
- Charlie Day : Acapulco, marchand d’armes odieux et imprévisible dont l’égoïsme systématique alimente une bonne partie du chaos de la nuit.
Autour du film
Drew Pearce, jusqu’alors connu comme scénariste de blockbusters, développe Hotel Artemis comme un projet personnel ancré dans son goût pour les films noirs et les univers criminels à règles internes. L’idée centrale — un hôpital clandestin pour criminels avec son propre code d’honneur — a été régulièrement comparée à l’Hôtel Continental de la franchise John Wick, dont le premier volet était sorti en 2014.
Pearce a revendiqué des influences plus larges, notamment les films d’exploitation américains des années 1970 comme Death Race 2000, ainsi que le cinéma noir de Raymond Chandler — dont l’univers est explicitement convoqué dans la campagne marketing, qui montrait Sterling K. Brown fusionné avec la couverture du roman The Long Goodbye. Le film a été présenté au Festival de Berlin 2017 avant même le début du tournage, où Lionsgate en a acquis les droits internationaux.
Avec 15 millions de dollars de budget, Hotel Artemis affiche des ambitions esthétiques au-dessus de ses moyens, portées par deux collaborateurs de prestige. Le directeur de la photographie Chung Chung-hoon — collaborateur habituel de Park Chan-wook sur Mademoiselle et Old Boy — déploie une palette visuelle Art Déco et néo-noir, jouant sur les contrastes entre la technologie médicale futuriste et la décrépitude de l’hôtel. Cliff Martinez, compositeur de Drive et Spring Breakers, signe une bande originale synthwave cohérente avec l’atmosphère dystopique du film. Ces deux choix confèrent à Hotel Artemis une identité visuelle et sonore nettement supérieure à ce que son budget laisserait supposer.
Sorti le 8 juin 2018 en même temps qu’Ocean’s 8 et Hereditary, Hotel Artemis ne parvient pas à trouver son public : réalisé pour 15 millions de dollars, il n’en rapporte que 13 dans le monde. La presse est partagée — 57 % sur Rotten Tomatoes, 58 sur Metacritic — saluant l’esthétique, l’ambiance et la performance de Jodie Foster, tout en regrettant un troisième acte en deçà des promesses du dispositif et un Jeff Goldblum largement sous-exploité. Le public, sondé par CinemaScore, lui attribue un C−, signe d’une déception générale en salle.
FAQ
- Où voir Hotel Artemis en streaming ? Hotel Artemis est disponible à la location et à l’achat sur les principales plateformes de vidéo à la demande. Sa disponibilité en abonnement varie selon les territoires et les périodes. Pour connaître les options actuelles en France, il est conseillé de consulter JustWatch (justwatch.com) qui référence en temps réel l’ensemble des offres disponibles.
- Hotel Artemis : à partir de quel âge ? Le film est classé R aux États-Unis pour violence intense, langage cru, références sexuelles et brève consommation de drogue. Il s’adresse à un public adulte averti. Son univers dystopique et sa violence récurrente, bien que jamais gratuitement gore, le déconseillent aux moins de 16 ans. Les amateurs de thrillers d’action et de films noirs futuristes y trouveront en revanche un terrain familier.
- Hotel Artemis est-il lié à l’univers de John Wick ? Non. Malgré des similitudes évidentes de concept — un lieu neutre réservé aux criminels, régi par des règles strictes et une économie souterraine — Hotel Artemis est une œuvre entièrement indépendante, sans lien officiel avec la franchise John Wick. Drew Pearce a reconnu que la comparaison était inévitable, mais a insisté sur les influences distinctes de son film, davantage ancré dans le film noir américain et le cinéma d’exploitation des années 1970.
