Oranges sanguines est une comédie noire française réalisée par Jean-Christophe Meurisse, sortie en France le 17 novembre 2021. Produit par Rectangle Productions, Mamma Roman, Les Chiens de Navarre et The Jokers Films — qui assure également la distribution —, co-écrit par Meurisse avec Yohann Gloaguen et Amélie Philippe, le film de 102 minutes rassemble Denis Podalydès, Christophe Paou, Alexandre Steiger, Lilith Grasmug, Olivier Saladin, Lorella Cravotta, Blanche Gardin et Vincent Dedienne. Sélectionné en Séances de minuit au Festival de Cannes 2021 — section hors-compétition réservée aux œuvres les plus radicales ou décalées du programme officiel —, le film est interdit aux moins de 12 ans par le CNC « en raison de scènes de viols et d’émasculation, et d’un double suicide ». Portrait caustique et déstructuré de la France contemporaine, il s’inscrit dans la veine d’un cinéma politique populaire et transgressif que Meurisse qualifie lui-même de « western, la rencontre de plein de méchants, avec un aspect social en plus ».
Simultanément en France : Laurence et Olivier (Lorella Cravotta et Olivier Saladin), couple de retraités surendettés, tentent de remporter un concours de rock’n’roll pour éponger leurs dettes — leur fils Alexandre (Alexandre Steiger), avocat, défend parallèlement un ministre des Finances (Christophe Paou) soupçonné d’évasion fiscale. Le ministre, dont la voiture tombe en panne la nuit sur une route isolée, monte dans un taxi dont le chauffeur (Pascal Tagnati) se révèle être un psychopathe. La même nuit, Louise (Lilith Grasmug), adolescente de seize ans qui s’apprête à vivre sa première expérience sexuelle, croise la route du détraqué (Fred Blin) après une consultation chez sa gynécologue (Blanche Gardin). Ces trois récits, présentés en parallèle dans une mécanique à la Tarantino, convergent vers une explosion de violence aussi grotesque que réjouissante, oscillant jusqu’au bout entre drôlerie pure et horreur frontale. Le film n’épargne ni la classe politique (évasion fiscale, cynisme technocratique), ni les classes moyennes vieillissantes, ni la violence sexuelle faite aux femmes — dont il retourne l’horreur en instrument de vengeance cathartique.
Jean-Christophe Meurisse fonde la troupe théâtrale Les Chiens de Navarre en 2005, collectif associant écriture et improvisation dans un registre irrévérencieux ancré dans le burlesque politique. La plupart des comédiens du film en sont membres ou proches. Son premier long métrage, Apnée (2016), avait été présenté à la Semaine de la critique à Cannes. Pour Oranges sanguines, Meurisse co-écrit le scénario avec Gloaguen et Philippe, mais laisse une large place à l’improvisation sur le plateau. La scène de vengeance centrale — dont le détail est volontairement tu ici — est inspirée d’un fait divers survenu aux États-Unis en 2015 : une jeune femme s’était vengée de son violeur d’une façon particulièrement brutale, qui marqua les esprits. Meurisse s’en empare pour fabriquer une séquence de justice poétique sauvage qui constitue le pivot émotionnel et thématique du film. La bande originale ne comprend pas de musique originale : Meurisse choisit un assemblage de morceaux préexistants mêlant rock des années 1950 (Rock Around the Clock de Bill Haley), musique classique (Satie, Vivaldi par Philippe Jaroussky) et variété française (Eddy Mitchell).
La presse française accueille le film avec enthousiasme. Le Monde parle d’« une réussite » et de « Tarantino pur jus ». France Info salue un « brûlot comique » avec « un régal de guest-stars ». 20 Minutes y voit « un jeu de massacre réjouissant ». Cineuropa note que le film « force le spectateur à interroger sa propre moralité de la manière la plus divertissante qui soit ». Quelques voix dissonantes — Paris Match, Causeur — regrettent une provocation trop facile ou un militantisme outrancier. Le film remporte le Prix du meilleur film au FIFIGROT (Festival International du Film Grolandais de Toulouse) 2021 et le Prix du public au MOTELx de Lisbonne la même année. Distribué sur 62 copies — chiffre honorable pour un film aussi clivant —, il réalise 49 452 entrées en France, dans un contexte de fréquentation réduite par le pass sanitaire. Sur le plan international, il est diffusé notamment sur Shudder aux États-Unis sous le titre Bloody Oranges.
Oranges sanguines (Bloody Oranges) is a French black comedy written and directed by Jean-Christophe Meurisse, released in France on November 17, 2021. Produced by Rectangle Productions, Mamma Roman, Les Chiens de Navarre, and The Jokers Films — which also handled distribution — and co-written by Meurisse with Yohann Gloaguen and Amélie Philippe, this 102-minute film brings together Denis Podalydès, Christophe Paou, Alexandre Steiger, Lilith Grasmug, Olivier Saladin, Lorella Cravotta, Blanche Gardin, and Vincent Dedienne. Selected for the Midnight Screenings at the 2021 Cannes Film Festival — the official non-competition slot reserved for the programme's most radical or off-kilter works — the film received a restricted classification from the CNC, barring viewers under 12 "due to scenes of rape and castration, and a double suicide." A caustic, deconstructed portrait of contemporary France, it belongs to a tradition of popular and transgressive political cinema that Meurisse himself describes as "a western — a meeting of lots of bad guys, with a social dimension added."
Simultaneously across France: Laurence and Olivier (Lorella Cravotta and Olivier Saladin), a retired couple drowning in debt, attempt to win a rock'n'roll competition to cover their payments — their son Alexandre (Alexandre Steiger), a lawyer, is meanwhile defending a Finance Minister (Christophe Paou) suspected of tax fraud. The minister, stranded at night on a country road after a breakdown, accepts a lift from a taxi driver (Pascal Tagnati) who turns out to be a psychopath. That same night, Louise (Lilith Grasmug), a sixteen-year-old preparing for her first sexual encounter, crosses paths with the pervert (Fred Blin) after a visit to her gynecologist (Blanche Gardin). These three narratives, presented in parallel with a Tarantino-like mechanics, converge into an explosion of violence as grotesque as it is perversely entertaining, oscillating to the end between pure comedy and frontal horror. The film spares no one: the political class (tax evasion, technocratic cynicism), the aging middle classes, and sexual violence against women — which it inverts into an instrument of cathartic revenge.
Jean-Christophe Meurisse founded the theatrical company Les Chiens de Navarre in 2005, a collective combining scripted writing and improvisation within an irreverent register rooted in political burlesque. Most of the film's cast are members or close associates. His debut feature, Apnée (2016), premiered in the Critics' Week at Cannes. For Oranges sanguines, Meurisse co-wrote the screenplay with Gloaguen and Philippe but left substantial room for improvisation on set. The film's pivotal revenge sequence — whose details are deliberately withheld here — was inspired by a real 2015 incident in the United States in which a young woman exacted an extremely brutal revenge on her rapist. Meurisse transforms this into a scene of savage poetic justice that serves as the film's emotional and thematic fulcrum. The soundtrack consists entirely of pre-existing music: rock from the 1950s (Rock Around the Clock by Bill Haley), classical works (Satie, Vivaldi sung by Philippe Jaroussky), and French pop (Eddy Mitchell), with no original score.
The French press was broadly enthusiastic. Le Monde called it "a triumph" and "pure Tarantino." France Info described a "comic incendiary device" with a "feast of guest stars." 20 Minutes found it "a delightfully vicious game of demolition." Cineuropa wrote that the film "forces the viewer to question their own morality in the most entertaining way possible." Dissenting voices — Paris Match, Causeur — complained of cheap provocation or heavy-handed polemic. The film won Best Film at the FIFIGROT (Festival International du Film Grolandais, Toulouse) 2021 and the Audience Prize at the MOTELx festival in Lisbon. Released on 62 prints — a respectable figure for such a polarizing work — it drew 49,452 admissions in France in a context where the health pass had significantly reduced cinema attendance. Internationally, the film was distributed by Shudder in the United States under the title Bloody Oranges.
