Nelly (Anne Émond - 2017)
Nelly (Anne Émond - 2017)

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Nelly est un drame biographique québécois réalisé et écrit par Anne Émond, sorti au Québec le 20 janvier 2017 après une première mondiale au Festival international du film de Toronto (section Vanguard) en septembre 2016. Produit par Nicole Robert pour GO Films avec le soutien de Téléfilm Canada et de la SODEC, distribué par Les Films Séville au Québec et par Cinema Libre Studios aux États-Unis, ce long métrage de 101 minutes interprété par Mylène Mackay, Mickaël Gouin, Sylvie Drapeau, Milya Corbeil-Gauvreau et Catherine Brunet n’a pas bénéficié de sortie en salles en France. Troisième long métrage d’Anne Émond après Nuit #1 (2011) et Les êtres chers (2015), le film est librement inspiré de la vie et de l’œuvre de la romancière québécoise Nelly Arcan — de son vrai nom Isabelle Fortier — décédée par suicide le 24 septembre 2009 à l’âge de 36 ans, auteure notamment de Putain (2001) et Folle (2004), œuvres autobiographiques au retentissement critique majeur au Québec et en France.

Refusant la chronologie linéaire du biopic traditionnel, Anne Émond fragmente son portrait de Nelly Arcan en quatre facettes incarnées par Mylène Mackay sous des identités distinctes : Nelly l’écrivaine, Amy l’amoureuse, Cynthia la prostituée et Marilyn la star. Le film tisse ces quatre dimensions de façon non chronologique, entrecoupant les scènes du présent de l’adulte avec des flash-backs d’Isabelle enfant (Milya Corbeil-Gauvreau) et des extraits fantasmés ou fictionnalisés tirés directement des romans d’Arcan. On y suit l’ascension littéraire fulgurante d’une jeune femme qui a exercé comme escorte avant de publier un roman à succès, puis sa descente dans les dépendances, les amours impossibles et une fragilité identitaire croissante — jusqu’à sa mort. Le film ouvre un dialogue constant entre la femme et son œuvre, posant la question de ce que le fait d’écrire sur soi fait à soi.

Anne Émond explique avoir relu plusieurs fois les livres d’Arcan avant de décider d’en faire un film. La productrice Nicole Robert l’y encourage. Émond rédige un premier scénario de 102 pages, puis le réécrit entièrement : deux années d’écriture au total. La structure déconstruite du film s’inspire d’une pièce de théâtre antérieure sur Arcan — La fureur de ce que je pense, mis en scène par Marie Brassard en 2012-2013 — qui avait déjà adopté une approche fragmentaire. Pour incarner Arcan en quatre personnalités distinctes, Mylène Mackay travaille ses déplacements corporels, sa diction et ses postures pour chaque facette, et collabore avec la costumière Patricia McNeil, dont la conception s’inspire de Marilyn Monroe. Elle ne rencontre pas la famille d’Arcan. Le tournage se déroule principalement à Montréal et dans ses environs — dont un appartement à Saint-Zotique, Québec — avec deux jours de tournage à Paris. La photographie est signée Josée Deshaies (connue notamment pour Saint Laurent de Bertrand Bonello, 2014), le montage par Mathieu Bouchard-Malo et la musique par Dear Criminals. Le film est conçu pour un budget de 4,1 millions de dollars.

La réception critique québécoise est globalement positive. The Montreal Gazette lui accorde quatre étoiles, saluant en Mackay « une performance de première grandeur ». La Presse lui attribue trois étoiles et demie. Voir juge que le film transcende le biopic classique. Quelques réserves sont émises — Le Devoir et Le Journal de Montréal soulignent respectivement la difficulté du format biographique face à une auteure qui refusait précisément ce genre, et un style parfois dérivé. The Hollywood Reporter salue l’effet hypnotique de la photographie de Deshaies et la performance de Mackay tout en pointant la confusion narrative. Aux gala du cinéma québécois, Mackay remporte le prix de la Meilleure interprétation féminine et Deshaies celui de la Meilleure direction photographique. Nelly reçoit également le Prix du film s’étant le plus illustré à l’extérieur du Québec. Absent des salles françaises, le film est principalement connu en France via les lecteurs de Nelly Arcan, dont l’œuvre avait été publiée chez Stock et avait eu un fort écho critique parisien lors de sa parution.

Nelly is a Quebec biographical drama written and directed by Anne Émond, released in Quebec on January 20, 2017, following its world premiere at the Toronto International Film Festival (Vanguard section) in September 2016. Produced by Nicole Robert for GO Films with the support of Telefilm Canada and the SODEC, distributed by Films Séville in Quebec and Cinema Libre Studios in the United States, this 101-minute feature starring Mylène Mackay, Mickaël Gouin, Sylvie Drapeau, Milya Corbeil-Gauvreau, and Catherine Brunet had no documented theatrical release in France. Émond's third feature after Nuit #1 (2011) and Les êtres chers (2015), the film is loosely inspired by the life and work of Quebec novelist Nelly Arcan — born Isabelle Fortier — who died by suicide on September 24, 2009, at age 36. Author of Putain (2001) and Folle (2004), among other works of autobiographical fiction, Arcan had achieved major critical recognition in both Quebec and France.

Refusing the linear chronology of conventional biography, Émond fragments her portrait of Nelly Arcan into four facets, each embodied by Mylène Mackay under a distinct identity: Nelly the writer, Amy the lover, Cynthia the prostitute, and Marilyn the star. The film weaves these four dimensions non-chronologically, interweaving scenes from the adult present with flashbacks of Isabelle as a child (Milya Corbeil-Gauvreau) and fictionalized or fantasized sequences drawn directly from Arcan's novels. The narrative follows the meteoric literary rise of a young woman who had worked as an escort before publishing a celebrated first novel, then traces her descent into addiction, impossible love, and a growing crisis of identity — ending in her death. The film maintains a constant dialogue between the woman and her work, raising the question of what writing about oneself does to oneself.

Émond describes having re-read Arcan's books multiple times before deciding to make a film about her, at the encouragement of producer Nicole Robert. She wrote a first screenplay of 102 pages, then rewrote it from scratch — two years of writing in total. The film's deconstructed structure draws on a prior theatrical work on Arcan — La fureur de ce que je pense, directed by Marie Brassard in 2012-2013 — which had also taken a fragmentary approach. To embody Arcan across four distinct personalities, Mackay worked on her physical movements, speech patterns, and posture for each facet, in collaboration with costume designer Patricia McNeil, whose designs drew inspiration from Marilyn Monroe. Mackay did not meet Arcan's family. Principal photography took place primarily in Montreal and its surroundings — including an apartment in Saint-Zotique, Quebec — with two days of shooting in Paris. Cinematography was by Josée Deshaies (known notably for Bertrand Bonello's Saint Laurent, 2014), editing by Mathieu Bouchard-Malo, and the score by Dear Criminals. The film was made on a budget of $4.1 million.

Critical reception in Quebec was broadly positive. The Montreal Gazette awarded four stars, calling Mackay's work "a towering performance." La Presse gave it three and a half stars. Voir judged the film to transcend the conventional biopic. Reservations came from Le Devoir and Le Journal de Montréal, who noted respectively the fundamental difficulty of applying a biographical format to a writer who had explicitly rejected such categorization, and a style too derivative of its influences. The Hollywood Reporter praised Deshaies's hypnotic cinematography and Mackay's performance while acknowledging narrative confusion. At the Quebec Cinema Gala, Mackay won Best Actress and Deshaies won Best Cinematography. Nelly also received the prize for the Quebec film most recognized internationally. Absent from French theaters, the film reached French audiences primarily through Arcan's existing readership — her novels had been published by Stock in France and had generated significant critical attention in Paris upon their release.