The Quiet (Jamie Babbit - 2007)
The Quiet (Jamie Babbit - 2007)

Disponible sur :

Acheter sur Amazon

Réalisé par Jamie Babbit et sorti en France le 23 janvier 2007, The Quiet est un thriller psychologique américain qui plonge le spectateur au cœur d’un pavillon de banlieue en apparence ordinaire. Le film suit Dot, une adolescente orpheline sourde-muette recueillie par ses parrain et marraine dans le Connecticut, dont elle va rapidement percer les secrets les plus sombres.

Babbit, connue pour la comédie queer But I’m a Cheerleader (1999), s’aventure ici dans un registre bien plus sombre, entre drame familial et suburban gothic. Porté par Camilla Belle et Elisha Cuthbert, The Quiet explore les thèmes de l’inceste, du silence comme mécanisme de survie et de la solidarité féminine face à la violence masculine, dans une Amérique des apparences lisses et des douleurs enfouies.

Résumé

Après la mort de son père, Dot, une adolescente apparemment sourde-muette, est recueillie par ses parrain et marraine, Paul et Olivia Deer, qui vivent en banlieue résidentielle avec leur fille Nina. L’arrivée de Dot dans ce foyer de la classe supérieure agit comme un révélateur : incapables de la croire en mesure de les entendre, les membres de la famille et de leur entourage se mettent à lui confier leurs secrets les plus intimes.

Nina, cheerleader populaire en apparence, voue d’emblée une hostilité marquée à Dot. Mais c’est elle qui, la première, lui révèle l’indicible : son père Paul abuse sexuellement d’elle depuis des années, et elle projette de le tuer. Olivia, de son côté, noie dans l’alcool et les médicaments une impuissance qu’elle refuse d’affronter. Connor, camarade de lycée, se confie lui aussi à Dot lors de leurs rencontres, développant peu à peu une attirance pour elle.

Ce que personne ne sait, c’est que Dot n’est pas sourde-muette. Après la mort de sa mère durant son enfance, elle a choisi de se murer dans le silence et la langue des signes pour se sentir plus proche de son père, lui-même sourd. Ce mutisme volontaire fait d’elle une confidente involontaire et une observatrice silencieuse d’une famille en train de se désintégrer.

The Quiet appartient au registre du thriller psychologique teinté de suburban gothic : derrière la façade impeccable de la maison des Deer se dissimulent violence, dépendance et complicité passive. Le film pose la question du silence — subi ou choisi — comme seul espace possible face à l’horreur domestique, dans une banlieue américaine où les apparences valent mieux que la vérité.

Fiche technique

  • Réalisation : Jamie Babbit
  • Scénario : Abdi Nazemian et Micah Schraft
  • Genre : Thriller psychologique, drame
  • Pays d’origine : États-Unis
  • Langue : Anglais / Langue des signes américaine (ASL)
  • Durée : 92 minutes
  • Date de sortie : 23 janvier 2007

Casting

  • Camilla Belle : Dot dans The Quiet, une adolescente orpheline qui simule la surdité-mutité après le deuil de sa mère, et devient malgré elle le réceptacle des secrets les plus sombres de la famille Deer.
  • Elisha Cuthbert : Nina Deer, la fille de la famille d’accueil, cheerleader en apparence solaire mais victime de l’inceste paternel, qui voit en Dot une alliée inattendue. Cuthbert a également occupé le poste d’associate producer sur le film.
  • Martin Donovan : Paul Deer, le père de famille respecté en façade, dont les actes de violence sexuelle sur sa propre fille constituent le secret central du récit.
  • Edie Falco : Olivia Deer, la mère alcoolique et sous médication, dont la passivité face aux agissements de son mari structure la tragédie familiale.

Autour du film

The Quiet est le deuxième long métrage de Jamie Babbit, réalisatrice connue pour la comédie queer But I’m a Cheerleader (1999). Le film a été tourné en 2004 à Austin, Texas, et constitue la première production de la société Burnt Orange, fondée par l’Université du Texas. Avec un budget de seulement 900 000 $, il s’agit d’une production indépendante de petite envergure, portée par un casting solide qui lui confère une ambition au-dessus de ses moyens financiers.

Après House of Wax (2005), Elisha Cuthbert a rejoint le projet en cherchant délibérément un rôle plus centré sur le personnage, loin de l’image de girl next door que lui avait collée la série 24. Elle a également assuré la fonction d’associate producer, s’impliquant au-delà de sa seule performance d’actrice.

Présenté en première mondiale au Festival de Toronto en septembre 2005, le film a été racheté par Destination Films, qui l’a drastiquement re-monté et y a ajouté une voix off avant sa sortie américaine en août 2006. Cette intervention éditoriale extérieure explique en partie les incohérences de ton relevées par la critique.

À sa sortie, le film a été quasi unanimement éreinté par la presse américaine, accusé d’être trop sérieux pour fonctionner comme satire et trop camp pour être pris au sérieux. Flop en salles (381 420 $ de recettes mondiales), il a en revanche trouvé son public en DVD. Depuis, plusieurs critiques et universitaires ont entrepris de le réévaluer comme un exemple de suburban gothic des années 2000, dans la lignée d’American Beauty, analysant notamment sa déconstruction du regard masculin sur les adolescentes.

FAQ

  • Où voir The Quiet ? The Quiet est disponible en streaming gratuit sur des plateformes comme Tubi et Plex. Il est également accessible à l’achat ou à la location en VOD. En France, sa disponibilité sur les grandes plateformes reste limitée ; il est conseillé de vérifier les offres actuelles sur JustWatch.
  • À partir de quel âge est conseillé The Quiet ? Le film est classé R aux États-Unis et déconseillé aux moins de 18 ans en France. Il traite de thématiques très lourdes — inceste, violence sexuelle, addiction — de manière frontale et sans filtre. Il est clairement destiné à un public adulte averti.
  • La fin de The Quiet est-elle ambiguë ? La fin du film montre Olivia se livrer à la police pour couvrir Dot et Nina après la mort de Paul. Certains spectateurs y lisent un geste de rédemption tardive d’une mère défaillante. D’autres y voient une conclusion trop rapide pour les enjeux posés. L’ambiguïté tient surtout au re-montage opéré par Destination Films, qui a modifié l’intention originale de Jamie Babbit.