Sorti en France le 17 janvier 2007, Cashback est une comédie dramatique et romantique britannique écrite et réalisée par Sean Ellis. Premier long métrage du cinéaste, le film est l’adaptation d’un court métrage éponyme réalisé en 2004, qui avait valu à Ellis une nomination aux Oscars et de nombreuses récompenses dans les festivals internationaux. Tourné en Angleterre contemporaine, le récit plonge dans l’univers nocturne d’un supermarché londonien pour explorer, avec une touche de fantaisie visuelle, les thèmes de l’insomnie, de la création artistique et de la naissance du désir amoureux.
Ellis, issu de la photographie de mode et de la publicité, imprime à Cashback une esthétique très soignée et stylisée, portée par les interprétations de Sean Biggerstaff et Emilia Fox. Un film atypique, quelque part entre comédie romantique et méditation poétique sur le temps suspendu.
Résumé
Dans Cashback, comédie dramatique et romantique britannique de Sean Ellis, tout commence par une rupture. Ben Willis, étudiant en dernière année aux Beaux-Arts à Londres, se fait quitter par sa petite amie Suzy et sombre dans une insomnie tenace. Pour occuper ces heures gagnées sur la nuit, il accepte un poste de nuit dans un supermarché Sainsbury’s du quartier.
C’est là qu’il rencontre une galerie de collègues hauts en couleur : Barry et Matt, deux compères farceurs qui s’inventent des rituels absurdes pour tromper l’ennui, et Alan Jenkins, leur patron aussi autoritaire que ridicule. Mais c’est Sharon, discrète hôtesse de caisse, qui attire progressivement l’attention de Ben.
Pour faire passer le temps, Ben laisse libre cours à son imagination d’artiste : il se convainc qu’il possède le pouvoir de suspendre le cours du temps, figeant le monde autour de lui comme une photographie vivante. Dans ce monde en pause, il observe, dessine, et laisse ses pensées vagabonder. Des séquences de flash-back entrecoupent le récit : on y voit Ben enfant, découvrant avec fascination la beauté du corps féminin, des souvenirs qui éclairent sa sensibilité de jeune peintre.
Le fil romantique se noue peu à peu avec Sharon, jusqu’à ce qu’un malentendu lors d’une soirée organisée par Jenkins compromette leur rapprochement. Ben, qui a vu son ex Suzy tenter de l’embrasser sous les yeux de Sharon, se retrouve seul face à ses dessins — et à ses regrets. C’est finalement l’art qui lui ouvre une issue : ses croquis, remarqués par un galeriste, font l’objet d’une exposition. Sharon s’y rend, découvre qu’elle en est le sujet central, et retrouve Ben pour une réconciliation silencieuse sous une neige figée dans le temps.
Fiche technique
- Réalisation : Sean Ellis
- Scénario : Sean Ellis (adaptation de son propre court métrage éponyme, 2004)
- Genre : Comédie dramatique, romance
- Pays d’origine : Royaume-Uni
- Langue : Anglais
- Durée : 102 minutes
- Date de sortie : 17 janvier 2007 (France)
Casting
- Sean Biggerstaff : Ben Willis, l’étudiant aux Beaux-Arts insomniaque et narrateur dans Cashback, dont l’imagination artistique structure l’ensemble du film.
- Emilia Fox : Sharon Pintey, la discrète hôtesse de caisse du supermarché Sainsbury’s, intérêt romantique central de Ben.
- Michelle Ryan : Suzy, l’ex-petite amie de Ben dont la rupture déclenche l’intrigue.
- Shaun Evans : Sean Higgins, le meilleur ami de Ben et compère farceur du supermarché.
- Stuart Goodwin : Alan Jenkins, le patron du supermarché, figure comique dont l’autorité ridicule alimente une grande partie de l’humour du film.
Autour du film
Cashback trouve ses origines dans un court métrage éponyme de 18 minutes réalisé par Sean Ellis en 2004. Ce court métrage a été nominé pour l’Oscar du meilleur court métrage en live action en 2006 et a remporté de nombreuses récompenses dans les festivals internationaux. Fort de ce succès, Ellis décide en décembre 2005 de développer une version longue et boucle le scénario en sept jours seulement — une cadence de travail remarquablement condensée. Plutôt que d’étirer le court métrage sur 90 minutes, il crée un premier et un troisième acte entièrement nouveaux pour l’encadrer, incorporant le matériau original quasi tel quel au centre du récit.
Le tournage s’est déroulé en seulement 20 jours, essentiellement de nuit. Réalisé en été, il ne laissait que quatre heures effectives de prise de vues nocturnes, la nuit ne tombant qu’à partir de 23h et le jour réapparaissant vers 3h du matin. Ces contraintes ont directement influencé la mise en scène, obligeant l’équipe à concentrer des séquences complexes — comme celle du match de football avec le temps suspendu — sur deux blocs de quatre heures.
Sean Ellis était photographe de mode reconnu à la fin des années 1990 avant de se tourner vers la réalisation. Cette trajectoire professionnelle transparaît dans le style très pictural de Cashback, où chaque plan figé renvoie à une sensibilité photographique assumée. Ellis explique lui-même que le film est né de son obsession pour le caractère insaisissable de la beauté, indissociable selon lui de la notion de temps.
Cashback a remporté le prix CICAE au Festival international du film de San Sebastián en 2006 et était en compétition au Festival du film britannique de Dinard la même année. En revanche, la réception critique dans la presse anglo-saxonne s’est révélée mitigée : le film obtient 47 % sur Rotten Tomatoes et 54/100 sur Metacritic, indiquant des avis partagés. En France, il a totalité 99 093 entrées en salles.
FAQ
- Où voir Cashback en streaming ? Cashback est disponible à la location ou à l’achat sur plusieurs plateformes VOD : Amazon Video, Google Play Movies, Apple iTunes, Orange VOD, Canal VOD et Filmo TV, à partir de 2,99 €. Le film est également accessible sur Amazon Prime Video.
- À partir de quel âge peut-on regarder Cashback ? Le film contient de nombreuses scènes de nudité féminine et aborde des thématiques de l’éveil sexuel et du désir. Il est déconseillé aux jeunes publics et s’adresse à un public adulte. Aucune classification officielle française n’a pu être vérifiée avec certitude ; aux États-Unis, il est classé R (interdit aux moins de 17 ans sans accompagnement).
- Cashback est-il autobiographique ? Sean Ellis a lui-même évoqué la dimension autobiographique du film, reconnaissant s’être toujours identifié à un artiste obsédé par la beauté fugace. Le personnage de Ben, étudiant aux Beaux-Arts issu d’un milieu britannique ordinaire, partage plusieurs traits avec son créateur. Ellis a cependant précisé que le récit reste une fiction construite autour d’un dispositif fantaisiste, et non un témoignage direct.