Rapaces est un thriller policier français réalisé par Peter Dourountzis, sorti en salles le 2 juillet 2025. Produit par Oriflamme Films (Christophe Delsaux) et 24 25 Films (Thibault Gast, Matthias Weber), distribué par Zinc Film, ce long métrage de 104 minutes est co-écrit par Dourountzis, Christophe Cantoni, Christophe Cousin et Fabianny Deschamps. Il réunit Sami Bouajila, Mallory Wanecque, Jean-Pierre Darroussin, Valérie Donzelli, Andréa Bescond, Stefan Crepon et Gilles Cohen. Second long métrage de Dourountzis après Vaurien (2020) — polar remarqué par la critique malgré une sortie confidentielle —, Rapaces s’inscrit dans une tradition de polar social à la française, centrée sur la violence masculiniste et le rôle de la presse de faits divers, en convoquant l’univers du magazine Le Nouveau Détective comme décor principal.
Samuel (Sami Bouajila), journaliste chevronné à la rédaction du Nouveau Détective, couvre avec Ava (Mallory Wanecque), sa fille et stagiaire, le meurtre d’une jeune femme attaquée à l’acide. Bouleversé par la brutalité du crime et l’intérêt de sa fille pour l’enquête, Samuel décide de mener des investigations parallèles à l’insu de sa rédactrice en chef « Maman » (Andréa Bescond) et découvre des similitudes troublantes avec le meurtre d’une autre femme survenu un an plus tôt. L’enquête commune du père et de la fille — dont la relation est distante, chacun découvrant l’autre à travers le prisme d’une profession aux méthodes parfois discutables — les conduit à remonter jusqu’à un groupe masculiniste clandestin dirigé par un mystérieux « Némésis ». Le film articule deux récits parallèles : d’un côté la dynamique de la rédaction, portrait choral d’une équipe de journalistes aux méthodes frontalières ; de l’autre une traque progressivement plus dangereuse où père et fille renforcent leur lien en risquant leur vie.
Le scénario de Rapaces est à l’origine proposé à Dourountzis par le producteur Christophe Delsaux sous la forme d’un script de Christophe Cantoni — lui-même ancien journaliste du Détective — librement inspiré de l’affaire Élodie Kulik : en 2002, cette jeune banquière de 24 ans est retrouvée morte dans la Somme après avoir été violée et brûlée vive ; une séquence glaçante de son appel au secours au 17 avait été enregistrée, et l’enquête durera plus de dix ans. Convaincu par l’univers de la rédaction mais pas par l’intrigue initiale, Dourountzis choisit de tout réécrire, conservant le fait divers comme moteur mais construisant une nouvelle histoire. Il s’adjoint Christophe Cousin et Fabianny Deschamps pour le scénario. La photographie est signée Victor Seguin, dont Dourountzis avait repéré le travail sur Gagarine (Fanny Liatard et Jérémy Trouilh, 2020) — un regard sensible aux basses lumières, aux longues focales et à l’esthétique néo-noire. La musique est composée par Amine Bouhafa. Dourountzis lui-même a un parcours atypique : avant de se consacrer au cinéma, il a passé quinze ans au SAMU social de Paris, expérience de terrain qui irrigue son regard sur la marginalité, la violence et les marges de la société.
La presse spécialisée accueille le film favorablement. Télérama parle d’un « thriller diablement efficace ». Paris Match salue un « très bon polar Made in France » et perçoit en Dourountzis « l’éclosion d’un grand cinéaste en devenir ». Ouest France et Sud Ouest louent respectivement l’originalité du cadre et la captivité du récit. Des réserves existent : Benzine Magazine juge que Rapaces n’égale pas La Nuit du 12 (Dominik Moll, 2022) — référence inévitable sur le sujet des féminicides —, et Cinématraque regrette un scénario à grosses ficelles et une relation père-fille peu développée. La scène du repas dans un restaurant d’autoroute, longue et quasi silencieuse, est unanimement citée comme le sommet de tension du film. Au box-office, Rapaces réalise moins de 230 000 entrées en France — résultat modeste mais attendu pour un polar de mi-gamme sorti en juillet — et environ 1,8 million de dollars au box-office mondial.
Rapaces (Vultures) is a French crime thriller directed by Peter Dourountzis, released in theaters on July 2, 2025. Produced by Oriflamme Films (Christophe Delsaux) and 24 25 Films (Thibault Gast, Matthias Weber), distributed by Zinc Film, this 104-minute feature was co-written by Dourountzis, Christophe Cantoni, Christophe Cousin, and Fabianny Deschamps, and stars Sami Bouajila, Mallory Wanecque, Jean-Pierre Darroussin, Valérie Donzelli, Andréa Bescond, Stefan Crepon, and Gilles Cohen. Dourountzis’s second feature after Vaurien (2020) — a critically praised noir that reached only a small audience — Rapaces positions itself within the tradition of the French social crime film, centered on masculinist violence and the role of true-crime tabloid journalism, using the Nouveau Détective magazine as its main setting.
Samuel (Sami Bouajila), a seasoned journalist at the Nouveau Détective newsroom, is assigned alongside Ava (Mallory Wanecque), his intern daughter, to cover the murder of a young woman attacked with acid. Shaken by the crime’s brutality and drawn in by his daughter’s interest in the case, Samuel launches a parallel investigation without his editor-in-chief « Maman » (Andréa Bescond) knowing, uncovering disturbing parallels with the murder of another woman a year earlier. The joint investigation of father and daughter — whose relationship is distant, each discovering the other through a profession with ethically ambiguous methods — leads them to a clandestine male supremacist group led by a shadowy figure known as « Nemesis. » Rapaces weaves two narrative threads: the choral portrait of a newsroom team whose practices often skirt legality, and a progressively more dangerous hunt in which father and daughter strengthen their bond at real personal risk.
The screenplay originated when producer Christophe Delsaux brought Dourountzis a script by Christophe Cantoni — a former Détective journalist — loosely inspired by the Élodie Kulik case: in 2002, this 24-year-old bank employee was found dead in the Somme after being raped and burned alive; a harrowing recording of her emergency call to police was recovered, and the investigation lasted over ten years. Persuaded by the newsroom setting but not by the original narrative, Dourountzis chose to rewrite the story from scratch, retaining the crime as a starting point but building entirely new characters and plot mechanics, with Christophe Cousin and Fabianny Deschamps joining the writing process. Cinematography was by Victor Seguin, whose work on Gagarine (Fanny Liatard, Jérémy Trouilh, 2020) had caught Dourountzis’s attention — a style sensitive to low light, long lenses, and neo-noir aesthetics. The score was composed by Amine Bouhafa. Dourountzis himself has an unusual background: before turning to filmmaking, he spent fifteen years working for the SAMU social de Paris, a field experience that informs his sustained attention to marginality, violence, and the edges of society.
Critical reception was broadly positive. Télérama called it « a devilishly efficient thriller. » Paris Match praised « a very good French-made noir » and saw in Dourountzis « the emergence of a major filmmaker in the making. » Ouest France and Sud Ouest praised the originality of the setting and the grip of the narrative. Reservations came from Benzine Magazine, which judged the film unable to match The Night of the 12th (Dominik Moll, 2022) — the unavoidable comparison on the subject of femicide — and from Cinématraque, which found the screenplay too reliant on heavy-handed devices and the father-daughter relationship underdeveloped. A long, near-silent scene set in a motorway service restaurant is unanimously cited as Rapaces’s most effective sequence. At the box office, the film drew fewer than 230,000 admissions in France — a modest but anticipated result for a mid-range noir released in July — and approximately $1.8 million worldwide.

