Simon Werner a disparu (Fabrice Gobert - 2010)
Simon Werner a disparu (Fabrice Gobert - 2010)

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Simon Werner a disparu… est un film policier et dramatique français écrit et réalisé par Fabrice Gobert, sorti en France le 22 septembre 2010. Produit par Xavier Rigault et Marc-Antoine Robert pour 2.4.7. Films — maison de production également derrière Persépolis —, distribué par Diaphana, le film de 87 minutes réunit Jules Pélissier, Ana Girardot, Arthur Mazet, Laurent Delbecque, Audrey Bastien, Esteban Carvajal Alegría, Selma El Mouissi et Serge Riaboukine. Premier long métrage de Gobert, présenté dans la section Un certain regard au Festival de Cannes 2010 et nommé au César du meilleur premier film en 2011, Simon Werner a disparu… s’impose comme l’une des œuvres les plus formellement ambitieuses du cinéma français de l’année — un teen thriller à structure fragmentée, ancré dans les années 1990, tourné par la chef opératrice Agnès Godard et porté par la bande originale du groupe américain Sonic Youth.

Octobre 1992, dans une banlieue parisienne fictive des Yvelines. Au lycée Léon-Blum, un élève de Terminale C, Simon Werner (Laurent Delbecque), ne s’est pas présenté en cours. Des traces de sang sont retrouvées dans une salle de classe. Fugue, enlèvement, suicide, meurtre ? Quelques jours plus tard, une autre élève de la même classe, Laëtitia (Selma El Mouissi), disparaît à son tour. Puis un troisième, Jean-Baptiste (Arthur Mazet). La psychose s’installe dans l’établissement. Le film déploie son enquête en quatre chapitres successifs, chacun portant le prénom d’un personnage différent — Jérémie (Jules Pélissier), Alice (Ana Girardot), Jean-Baptiste, puis Simon — et revisitant les mêmes événements des jours précédant et suivant la première disparition à travers quatre points de vue distincts. Cette structure en palimpseste dévoile progressivement des bribes de vérité, jouant du décalage entre ce que chaque personnage a vu et ce que le spectateur reconstruit peu à peu. Alice, jeune femme magnétique qui attire tous les regards, se révèle le fil conducteur implicite entre les différents récits.

Fabrice Gobert réalise son premier court métrage en 1998 dans le cadre d’un atelier MK2, puis multiplie les expériences en séries TV pour jeunes comédiens. L’idée de Simon Werner a disparu… mûrit sur plusieurs années avant qu’il ne parvienne à réunir les conditions de sa réalisation. Parmi les décisions déterminantes : le choix d’Agnès Godard à la direction de la photographie — collaboratrice historique de Claire Denis (Beau travail, Trouble Every Day) — dont la présence, confie Gobert à Cannes, « a entraîné beaucoup de gens dans l’aventure ». Le tournage se déroule de septembre à novembre 2009 dans l’Essonne, bien que la fiction soit localisée dans les Yvelines : le lycée François-Truffaut de Bondoufle accueille les scènes scolaires, et la forêt de Sénart à Tigery les extérieurs boisés. Le choix de situer l’action en 1992 est délibéré : l’époque est esthétiquement proche du présent mais l’absence de téléphones mobiles et d’internet y crée un léger décalage temporel, une intemporalité quasi fantastique. La bande originale est composée intégralement par Sonic Youth, et publiée sous le titre SYR9 : Simon Werner a Disparu — ultime sortie discographique du groupe américain avant leur dissolution en novembre 2011. La BO s’enrichit par ailleurs de morceaux préexistants signés Killing Joke (dont Love Like Blood en ouverture), Noir Désir, Tom Waits et The Cramps.

La réception critique de Simon Werner a disparu… est très favorable. Libération salue un film « excitant » porteur de « plaisirs de pur cinéma » et souligne les cadres « imparables » d’Agnès Godard. Le Monde y voit une « maîtrise et une tenue peu communes » et établit un parallèle avec Elephant de Gus Van Sant. L’Express juge le film « épatant » et consacre une critique enthousiaste à Ana Girardot, « l’une des plus belles révélations de ce Cannes 2010 ». Variety à Cannes le qualifie de « teen thriller habilement réalisé ». Télérama est plus nuancé. Les dissidences portent principalement sur la résolution de l’énigme, jugée trop conventionnelle ou déceptive par plusieurs critiques après la sophistication formelle des trois premiers chapitres — Critikat pointe des « fondations scénaristiques fragiles » et un dénouement « décevant et hors sujet ». Simon Werner a disparu… est nommé au César du meilleur premier film 2011, qu’il perd face à Gainsbourg (vie héroïque) de Joann Sfar. Il annonce la trajectoire de Gobert, qui réalisera ensuite la série Les Revenants (Canal+, 2012-2015), vaste succès international qui prolonge directement les obsessions du film.

Simon Werner a disparu… (Lights Out) is a French crime drama written and directed by Fabrice Gobert, released in France on September 22, 2010. Produced by Xavier Rigault and Marc-Antoine Robert for 2.4.7. Films — the production house also behind Persepolis — and distributed by Diaphana, this 87-minute film stars Jules Pélissier, Ana Girardot, Arthur Mazet, Laurent Delbecque, Audrey Bastien, Esteban Carvajal Alegría, Selma El Mouissi, and Serge Riaboukine. Gobert's feature debut, selected for the Un Certain Regard section at the 2010 Cannes Film Festival and nominated for the César for Best First Film in 2011, Simon Werner a disparu… stands as one of the most formally ambitious French films of the year — a fragmented-structure teen thriller set in the early 1990s, shot by cinematographer Agnès Godard and powered by an original score from American rock band Sonic Youth.

October 1992, in a fictional Parisian suburb in the Yvelines. At the Lycée Léon-Blum, a student in the final year, Simon Werner (Laurent Delbecque), fails to show up for class. Blood stains are found in a classroom. Runaway, abduction, suicide, murder? Days later, a classmate, Laëtitia (Selma El Mouissi), disappears in turn. Then a third student, Jean-Baptiste (Arthur Mazet). Psychosis settles over the school. The film unfolds through four successive chapters, each named for a different character — Jérémie (Jules Pélissier), Alice (Ana Girardot), Jean-Baptiste, then Simon — each revisiting the same events in the days around the first disappearance from a distinct point of view. This palimpsest structure releases fragments of truth gradually, playing on the gap between what each character witnessed and what the viewer piece together. Alice, a magnetically beautiful young woman who draws every gaze, emerges as the implicit connective thread between the four narratives.

Fabrice Gobert made his first short in 1998 through an MK2 scriptwriting workshop before accumulating years of experience on TV series with young actors. The feature developed slowly before its conditions finally aligned. Among the decisive choices: bringing in Agnès Godard as director of photography — a long-standing collaborator of Claire Denis (Beau Travail, Trouble Every Day) — whose presence, Gobert told the Cannes press, "brought many people on board with the project." Principal photography ran from September to November 2009 in the Essonne, though the story is set in the Yvelines: Lycée François-Truffaut in Bondoufle provided the school interiors, and the Forest of Sénart near Tigery the woodland exteriors. The 1992 setting was deliberate: aesthetically close to the present but stripped of mobile phones and internet, creating a subtle temporal displacement, an almost fantastical timelessness. The score was composed entirely by Sonic Youth and released as SYR9: Simon Werner a Disparu — the American band's final studio release before their dissolution in November 2011. The soundtrack is also enriched by pre-existing tracks from Killing Joke (including Love Like Blood over the opening), Noir Désir, Tom Waits, and The Cramps.

Critical reception for Simon Werner a disparu… was very positive. Libération called the film "exciting," noted "pure cinema pleasures," and praised Godard's cinematography as "once again impeccable." Le Monde found it to reveal "uncommon command and control" and drew a parallel with Gus Van Sant's Elephant. L'Express considered it "superb" and singled out Ana Girardot as one of the standout discoveries of Cannes 2010. Variety called it "a deftly realized teen thriller." Télérama was more measured. Dissent centered largely on the resolution of the mystery — several critics, including Critikat, found the screenplay's foundations "fragile" and the ending "disappointing and off-track" after the formal sophistication of the first three chapters. The film received a César nomination for Best First Film in 2011, which it lost to Joann Sfar's Gainsbourg: A Heroic Life. It announced the trajectory of Gobert, who would go on to create Les Revenants (Canal+, 2012–2015), a major international success that extends directly from the film's obsessions.